La nouvelle est tombée au début de l’été. Les frais kilométriques des enseignants de ce département ne seront pas remboursés dans l’immédiat, en Seine-et-Marne. Selon Le Parisien, la direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) a confirmé par SMS que ces frais «seraient indemnisés lorsque nous aurons les crédits disponibles». Et cela ne devrait pas arriver avant début 2026, lors du vote du budget annuel. Ce sont désormais 800 enseignants, et parmi eux, une centaine de titulaires et une majorité de contractuels remplaçants, qui doivent avancer leurs frais kilométriques. Une somme comprise entre 200 et 500 euros par mois.

La Seine-et-Marne est le plus grand département de France, et ces temps-ci, la situation y est difficile. Environ 800 enseignants doivent s’y déplacer pour leur travail chaque jour. Une situation inacceptable pour Julien Marjault, secrétaire général de la CGT Éduc’action 77, qui voit dans la grève du 18 septembre l’occasion de dénoncer ce manquement, parmi d’autres revendications.

Des ardoises qui s’accumulent

Jusqu’en avril, toutes les notes de frais étaient remboursées sous deux semaines, quelle que soit la période. C’est à partir de ce mois que les choses se sont compliquées : dès avril, les premières personnes à envoyer leurs notes ont été remboursées, et les suivantes l’ont été avec un retard croissant. Jusqu’à ce que plus rien ne soit remboursé. Interrogée par Le Parisien, Louise (le prénom a été changé), contractuelle depuis plusieurs années, voit désormais ses remboursements bloqués. Et maintenant, sa note de défraiement s’élève à plus de 1 000 euros, soit l’équivalent d’un mois de salaire amputé.

Pour justifier ce retard, la DSDEN parle de «contraintes budgétaires nationales», et semble minimiser l’ampleur du problème. De leur côté, les enseignants doivent parfois renoncer à des dépenses personnelles essentielles à leur travail, comme l’entretien de leur véhicule utilisé chaque semaine. Désormais, l’administration invite les enseignants concernés à privilégier le distanciel pour les formations et réunions. Mais les remplaçants, eux, n’ont pas d’alternative : sans déplacement, les élèves restent sans enseignants.