Une obligation légale datant de 2022… qui n’est toujours pas respectée. Grâce à la loi du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030, le principe d’un versement mensuel de la paie des vacataires employés par les établissements d’enseignement supérieur, ces personnels qui assurent des cours de manière ponctuelle, a été inscrit dans le code de l’éducation. Censée être obligatoire depuis la rentrée 2022, cette mesure n’est pourtant toujours pas appliquée aujourd’hui. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche l’admet lui-même, dans sa réponse à deux questions écrites identiques des députés Vincent Seitlinger (Les Républicains) et Félicie Gérard (Horizons), publiée le 20 février dernier : «La mensualisation du paiement de ces vacations n’est pas encore effective dans tous les établissements» d’enseignement supérieur.

A en croire Gabriel*, ancien vacataire et membre de Vacataires.org, un collectif créé en mars 2023 pour défendre les droits de ces personnels, il n’y aurait même «aucune université» qui serait réellement «au point sur les délais de paiement». Ces derniers «peuvent aller de 3 à 24 mois après le service rendu», c’est-à-dire après que les vacataires ont dispensé leur cours, poursuit-il. Et quelques rares cas peuvent être encore plus graves. «Certains intervenants ne sont pas payés depuis trois ans», assure à Capital Philippe Aubry, le secrétaire général adjoint du Snesup-FSU (Syndicat national de l’enseignement supérieur - Fédération syndicale unitaire). Or «le travail qui a été fait doit être payé et à temps», insiste-t-il. Des galères administratives qui peuvent conduire à «des situations dramatiques avec des vacataires menacés d’expulsion de leur logement», dénonce Gabriel.

152 000 enseignants vacataires dans le supérieur aujourd’hui… voire plus

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