
Chaque année au printemps, une question cruciale revient pour des millions de salariés français : faut-il se contenter de l'abattement forfaitaire de 10 % ou opter pour les frais réels ? Si vous utilisez votre véhicule personnel pour vos déplacements professionnels, le barème kilométrique publié par l’administration fiscale est votre meilleur outil pour réduire votre facture d’impôts. Voici tout ce qu'il faut savoir pour la déclaration 2026, portant sur vos revenus et déplacements de 2025.
Un premier conseil ? Avant de valider votre déclaration d’impôts, prenez le temps de faire le test sur le simulateur du site impots.gouv.fr. Cela vaut la peine car l’économie d’argent est réelle : pour un salarié moyen faisant 50 km par jour, l'option des frais réels peut représenter une économie de plusieurs centaines d'euros par rapport à l'abattement automatique. Si les frais réels créent un déséquilibre par rapport à votre taux de prélèvement à la source, vous serez remboursé de votre trop-perçu durant l’été.
À quoi sert ce barème des frais kilométriques ?
Par défaut, l'administration fiscale applique une déduction forfaitaire de 10 % sur vos salaires pour couvrir vos frais professionnels (déplacements, repas, documentation...). Mais dans certains cas, il est plus intéressant de calculer les frais réels en renonçant à l’abattement et ainsi se baser sur le barème des frais kilométriques. « La déclaration des frais réels n’a pas été revalorisée pour l’année 2026, intervient Sabine Portela, secrétaire nationale de Solidaires Finances Publiques. Et ce depuis l’année 2023 ». Pour les frais de déplacement, sont concernés le transport du domicile au lieu de travail, les déplacements professionnels pendant les heures de travail, le déménagement ou la double résidence. Il est également possible de déduire seulement les frais de carburant.
Le barème fourni par l’État n'est pas un simple forfait au kilomètre mais il est gradué en fonction de deux critères : la puissance administrative du véhicule (exprimée en chevaux fiscaux, de 3 CV à 7 CV et plus) et la distance totale parcourue sur l'année (trois tranches : jusqu'à 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km, et au-delà). À noter qu’il englobe la quasi-totalité des coûts liés à l'usage de la voiture, de l’entretien à aux réparations en passant par la dépréciation du véhicule, les pneumatiques, l’essence et les primes d'assurance. Exceptés les frais de stationnement, les frais de péages et les intérêts d'emprunt (en cas d'achat de véhicule à crédit)qui peuvent être ajoutés en supplément, à condition de conserver les factures.
Frais kilométriques, quelles sont les distances et justificatifs nécessaires ?
Toutes les distances ne sont pas concernées par le baromètre des frais kilométriques. Pour le trajet domicile-travail, si la distance est inférieure ou égale à 40 kilomètres (soit 80 km aller-retour), vous pouvez déduire l'intégralité du kilométrage sans justification particulière. Au-delà de 40 kilomètres, l’éloignement doit être justifié (difficulté de trouver un emploi proche, mutation, contraintes familiales). Sans motif valable, la déduction reste limitée à 40 km. D’autant qu’un seul aller-retour par jour est pris en compte, sauf cas particuliers (horaires décalés, problèmes de santé…).
Si l'administration fiscale ne vous demande pas d'envoyer vos factures, gardez-les pendant au moins trois ans car elle serait susceptible de vous les réclamer. Sinon, lors de votre déclaration d’impôts, vous devez être en mesure de fournir la carte grise du véhicule, une attestation de l’employeur précisant qu’il est bien fait usage d’un véhicule personnel pour effectuer les trajets domicile/travail et votre contrat de travail.
Un bonus pour les véhicules électriques
Dans le cadre de la transition écologique, le gouvernement maintient une incitation forte : si vous utilisez un véhicule 100 % électrique, le montant des frais de déplacement calculé via le barème est majoré de 20 %. Par exemple, si le barème classique vous donne droit à une déduction de 3 000 €, l'usage d'une voiture électrique porte cette déduction à 3 600 €. Un avantage non négligeable qui peut faire basculer votre impôt vers une tranche inférieure.



















