
Ouvrir un deuxième livret A dans une autre banque pour continuer à déposer au-delà du plafond de 22 950 euros ? La question revient régulièrement chez les épargnants une fois cette limite atteinte. Pourtant, la réponse est claire : bien que l’idée soit alléchante, en France, il est interdit de détenir plusieurs Livrets A à son nom, quel que soit l’établissement choisi. Une règle stricte qui surprend encore certains Français au moment de vouloir augmenter leur capacité d’épargne réglementée.
Cette idée reçue persiste alors que le livret A reste l'un des placements préféré des Français. Fin 2025, les épargnants en détenaient encore 58 millions, pour un encours record de 449,6 milliards d’euros, selon la Caisse des dépôts relayée par MoneyVox. Son succès repose sur sa simplicité : une épargne disponible à tout moment, garantie par l’État et exonérée d’impôt. Depuis le 1er février 2026, son taux est fixé à 1,5 % net d’impôt, ce qui entretient son attractivité.
Le plafond peut être dépassé, mais uniquement grâce aux intérêts
C’est aussi ce qui entretient parfois l’idée reçue : un livret A peut afficher un montant supérieur au plafond de 22 950 euros. En voyant ce dépassement, certains épargnants pensent qu’il serait aussi possible d’ouvrir un second livret dans une autre banque pour continuer à augmenter leur épargne réglementée.
En réalité, le dépassement n’est autorisé que grâce aux intérêts versés chaque année. Le plafond concerne uniquement les versements réalisés par le titulaire. Une fois la limite atteinte, il n’est donc plus possible d’alimenter le compte, mais les intérêts continuent d’être crédités automatiquement et peuvent faire progresser le solde au-delà du plafond sans aucune irrégularité.
Le contrôle est désormais automatique avant toute ouverture
Dans les faits, le conseiller bancaire demande généralement au client s’il possède déjà un livret A dans un autre établissement. Mais cette déclaration ne suffit pas. Depuis 2013, chaque ouverture doit aussi être vérifiée auprès de l’administration fiscale avant validation. Si un autre compte est déjà enregistré, l’ouverture est bloquée jusqu’à régularisation. Cette confusion continue d’ailleurs de circuler sur internet.
En réalité, la règle française est simple : une seule personne ne peut détenir qu’un seul livret A à la fois, quelle que soit la banque choisie. Dans un couple disposant d’un compte joint, chacun peut en revanche ouvrir son propre livret A à son nom. De la même manière, un enfant mineur peut détenir le sien, ouvert par ses représentants légaux. « Certains clients pensent encore qu’un changement de banque permet d’en rouvrir un, mais le contrôle est désormais immédiat », souligne Victor Bernard, conseiller en gestion de patrimoine indépendant et ancien banquier.
Quelles solutions quand le livret A est plein ?
Quand le livret A est saturé, d’autres solutions peuvent prendre le relais. Le LDDS, cumulable avec le livret A, permet encore de placer jusqu’à 12 000 euros avec la même rémunération. Le LEP, sous conditions de revenus, reste aussi une piste pour les ménages éligibles. Au-delà, certains épargnants se tournent vers l’assurance-vie, qui ne prévoit aucun plafond de versement. Elle n’offre pas la même disponibilité qu’un livret réglementé et sa fiscalité diffère, mais elle peut permettre de diversifier son épargne une fois la poche de précaution constituée.
Après 8 ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. « Le livret A reste souvent la première brique de l’épargne de précaution. Ensuite, les clients complètent selon leur horizon et leur besoin de disponibilité. L’assurance-vie permet aussi de penser plus largement la transmission, avec la possibilité de désigner un ou plusieurs bénéficiaires selon ses objectifs patrimoniaux », observe Victor Bernard. En clair : il est tout à fait possible d’augmenter son épargne disponible… mais pas en multipliant les Livrets A.











