Oui, la parole a le pouvoir de changer positivement les destins individuels. «En parlant, l’homme danse au-dessus des choses», écrivait Friedrich Nietzsche. Autrement dit, la parole nous élève, nous libère de certaines situations pesantes. Plus prosaïquement, elle peut servir à se sortir de l’ornière dans un milieu professionnel sous tension. Les occasions ne manquent pas : négociation féroce, clash interne, présentation devant un comité de direction a priori hostile… La capacité à parler juste et de manière percutante est alors déterminante. Pourtant, dans notre pays dominé par la culture de l’écrit, l’oralité a longtemps été sous-valorisée et les formations académiques abordent rarement le sujet.

Parler devant un comité de direction ne s’apprend pas, ou peu, à l’école et l’expérience se fait «sur le tas». Et si la création récente d’un grand oral au baccalauréat, comme le succès des conférences TED dans le monde économique, amorce un mouvement de réhabilitation du verbe, ces interventions en public, assez formatées, privilégient l’efficacité du storytelling au détriment de la spontanéité. Or la parole spontanée est souvent la seule voie à disposition pour triompher d’un obstacle… Alors, bien sûr, maîtriser son expression orale ne représente pas une assurance tous risques. Mais, comme le montre l’avocat spécialiste de l’art oratoire Bertrand Périer dans Sauve qui parle (Jean-Claude Lattès, 2021), cela constitue un réel accélérateur de carrière, qui mérite qu'on y consacre quelques efforts. Démonstration.

Une négo au point mort ? Pensez sport !

Selon la fameuse étude du psychologue américain Albert Mehrabian, la force de persuasion d’un discours passe à 55% par du langage non verbal et à 38% par la voix. Ainsi, dans une situation de négociation tendue, la précision du mot ne suffit pas. «Quand vous parlez, vous devez avoir en tête l’acronyme SPORT, recommande Louis Ducret, conseiller en stratégie orale chez Whistcom. S comme Sourire, P comme Pied, O comme Ouvrir les mains, R comme Regard et T comme se Taire.» Sourire ne signifie pas forcément adopter une expression béate mais se montrer le plus cordial possible, signe que l’on est à l’écoute. Etre clair dans sa communication n’est possible que si les Pieds sont ancrés sur le sol, sans mouvements parasites. Agiter ses pieds sans arrêt, c’est envoyer à l’interlocuteur un message de nervosité qui pollue l’échange. Ouvrir les mains avec un regard porté vers l’avant, en redressant le haut du corps, donne plus de poids à votre parole. A l’inverse, les autocontacts, comme se frotter les mains ou se gratter le visage, reflètent un état de stress. A éviter face à un négociateur expérimenté prêt à exploiter la moindre faiblesse !

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