1. Faites de la place à vos émotions

L’objectif : transformer en alliées les émotions qui interviennent dans la prise de décision. Selon le neurologue Antonio Damasio, notre capacité à exprimer et ressentir des émotions est indispensable à la mise en œuvre de comportements rationnels. Pour en arriver à cette conclusion, le spécialiste de la prise de décision a étudié le cas d’Elliot, un patient atteint d'une tumeur. Après une intervention chirurgicale, le comportement de ce dernier change radicalement. Dans la foulée, il perd son job dans la gestion financière et sa femme le quitte. L’explication : en éradiquant la tumeur, le coup de bistouri a également séparé le cortex rationnel d'Elliot du centre des émotions. Privé de sa capacité à ressentir, sans peur, ni joie ni peine, il prend des décisions incompréhensibles. Et Antonio Damasio de conclure : loin d’être nos ennemies, les émotions sont d’indispensables conseillères.

En pratique. On commence par se défaire des idées préconçues selon lesquelles seules les intelligences logique et rationnelle ont leur place au travail. Antonio Damasio développe ainsi la notion de « marqueurs somatiques », des traces positives ou négatives d'une émotion ressentie précédemment lors d'une réaction à une situation donnée. Lorsque nous commettons une erreur, nous ressentons une émotion négative, laquelle nous servira plus tard d’avertissement.

Le témoignage : Ruben Grave, fondateur des espaces de vie et de travail Reborn & Be. « À 20 ans, j’ai pris la tête d’une délégation de patineurs pour partir en Irak. Nous sommes en septembre 2000 et la rando roller de Paris, dont je suis le créateur, rassemble chaque semaine 25.000 personnes. Une fondation humanitaire nous a repérés.

Son projet : organiser en Irak une rencontre entre médecins, artistes et sportifs dans les écoles, les hôpitaux et à l’aéroport Saddam Hussein de Bagdad. Du fait des tensions entre les Etats-Unis et la France, le voyage a été décalé quatre fois. Finalement, au lieu des six personnes prévues à l'origine, j’ai embarqué 30 patineurs pour aller défendre la liberté. Les risques et les responsabilités étaient énormes, mais j’ai organisé le voyage le plus fou et le plus incroyable qu’on puisse imaginer. Cette décision, prise en une fraction de seconde, m’a donné le goût de devenir entrepreneur.»

L’analyse de Lucile Quillet, autrice de Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière, guide destinée aux femmes qui veulent se réaliser au travail (Diateino). « Cette décision a été prise en dépit des critères de rationalité : il fallait oser entraîner des gens en Irak en pleine période de tensions politiques ! Or Ruben Grave fait ce choix, comme une fulgurance. La finalité du projet – défendre la liberté – a-t-elle raccourci le délai de réflexion ? A partir d'un déclic très rapide, des croyances limitantes se débloquent et on réussit à prendre une décision qui va impacter toute notre vie. »

2. Méfiez-vous du confort des certitudes

L’objectif : équilibrer ses forces en musclant son intuition. Le cerveau est un organe paresseux : ce que nous nommons intuition ou instinct est en fait une prise de décision basée sur notre expérience antérieure. Ce mécanisme de confirmation nous coûte moins d'énergie que d'ouvrir de nouveaux chemins, explique Daniel Kahneman, Nobel d’économie en 2002.

En pratique. Votre intuition est un atout à condition de l’entraîner. Selon Grégoire Bosselut, maître de conférence à l’université de Montpellier et préparateur mental, la meilleure décision est celle qui se construit en amont. Bien connaître la personnalité de chaque membre de votre équipe, de vos homologues, leurs atouts, leurs domaines de compétences et leurs objectifs est indispensable pour activer les bons leviers au moment opportun.

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