Après une première baisse en 2025, les aides à l’embauche des apprentis devraient de nouveau baisser cette année. Le gouvernement, qui compte économiser 200 millions d’euros cette année, veut réduire les aides aux entreprises recrutant des apprentis qui préparent un BTS ou un diplôme d’ingénieur. Un nouveau coup de rabot que déplore le président de France Industrie. Interrogé sur le sujet sur le plateau de BFM Business ce lundi 16 février, Alexandre Saubot souligne que l’on prend «des mesures uniformes». Toutefois, le problème réside dans «l’origine de la réforme qui n’était pas bonne».

Pourquoi ? Car elle a «confié à l’Etat l’ensemble de la ressource», déplore le président de France Industrie qui est aussi directeur général de Haulotte. Pour lui, il est primordial et «tout à fait normal de développer l’apprentissage». Et s’il comprend la nécessité d’économies, il y avait pour Alexandre Saubot, «des moyens de le faire pour beaucoup moins cher en laissant chaque branche ou chaque grand secteur responsable de l’endroit où il faisait son effort».

Un Etat «suradministré et surréglementé»

Il faudrait notamment laisser à ces secteurs décider «des formations dont il avait le plus besoin». Et le patron de France Industrie d’ajouter : «Il est évident que dans l’IA et des entreprises de la mécanique, les besoins ne seront pas les mêmes, les niveaux de qualifications non plus.» Surtout, selon le directeur général de Haulotte, ce nouveau tour de vis va créer des disparités : «Ce rabot uniforme va poser des gros problèmes à certains endroits, en poser très peu à d'autres», a-t-il déclaré sur BFM Business.

Ce qu’il reproche au gouvernement et à l’Etat, plus globalement, c’est d’avoir «comme toujours (…) voulu tout décider pour tout le monde et tout administrer». Prenant exemple sur le système allemand, il remarque que chez nos voisins, l’argent reste dans les branches : «Chaque entreprise ou chaque groupe fait l’effort dont il a besoin pour avoir les compétences qui lui sont nécessaires.»

La situation peut-elle évoluer en France ? Alexandre Saubot en doute : «Dans notre Etat suradministré, surréglementé, où l’administration veut s’occuper de trop de choses, c’est un combat qui va prendre encore un peu de temps.» Le projet de décret du ministère du Travail prévoit de plafonner à 4 500 euros les aides en ce qui concerne les étudiants en apprentissage en BTS ou en DUT. Pour les ingénieurs, elles ne pourront dépasser 2 000 euros.