
Cinq millions. C’est le nombre de postes qui pourraient être menacés par l’intelligence artificielle, selon les estimations de l’Observatoire des emplois menacés et émergents, relayées par Radio France. Avec l’arrivée des nouvelles générations de l’IA, les employés sont dans la crainte d’être remplacés. Le chercheur et entrepreneur britannique, cofondateur de DeepMind, Mustafa Suleyman, prévoit même l’automatisation totale des travailleurs de bureau d'ici dix-huit mois.
Les salariés développent ainsi le syndrome «FOBO» : un acronyme, qui signifie «FEAR OF BEING OBSOLETE», soit la peur d’être obsolète, dépassé. En ce sens, le magazine économique FORTUNE indique que quatre travailleurs sur dix font de la perte d'emploi liée à l'IA, l’une de leurs principales craintes. Un chiffre qui a doublé par rapport à l’an dernier.
«L'alibi IA» pour supprimer des postes
Pour lutter contre le «FOBO», de récentes études montrent que ce ne sera pas aussi radical qu’on le pense. Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) invite à relativiser : l’arrivée de l’IA dans le monde professionnel ressemble davantage à une «marée montante» qu’à un «tsunami». Pourtant, certaines entreprises – notamment dans la Tech – n’attendent pas que la vague arrive pour se délester de salariés. Elles invoquent ce que certaines appellent «l’alibi IA», qui sont des plans sociaux déguisés en réorganisations technologiques alors même que les postes supprimés ne sont pas encore réellement menacés par l'automatisation.
Chez les salariés, une autre dynamique se met en place. Celle d’une compétition darwinienne, où chacun cherche à se former plus vite que les autres, à maîtriser l’IA mieux que ses collègues par crainte d’être le maillon faible. Mais cette concurrence pousse aussi à avoir des comportements contre-productifs. Certains travailleurs, obsédés par l’idée d’utiliser constamment l’IA, finissent par perdre la main. C’est le phénomène de «deskilling» : à force de déléguer des tâches élémentaires à ChatGPT ou Claude, elles semblent moins faciles à réaliser.
La résistance s'active dans les entreprises
Et dans ce climat anxiogène, la résistance n’est pas un mythe. Selon une étude relayée par le média Tech Trash, 29% des employés chercheraient activement à freiner, voire à saboter, l’introduction de l’IA dans leur entreprise. Ce chiffre grimpe à 44% chez les 25-35 ans, une génération pourtant réputée très technophile.



















