Les arrêts maladie sont de plus en plus plébiscités. Selon une étude de l'assureur AXA, il y en a eu 50% de plus depuis 2019. Au total, un arrêt maladie est posé tous les vingt jours de travail, en moyenne. Et ceux qui en bénéficient le plus sont les jeunes. Les salariés de moins de 35 ans n’hésitent pas à poser des jours pour préserver leur santé mentale. «Si je sens que psychologiquement ou physiquement ça ne va pas, je n’ai aucun mal à me mettre en arrêt de travail même si ce n’est qu’un jour et que ce n’est pas payé. Cette année, j’ai compté, j’ai fait 10 arrêts maladie en quatre mois», explique une jeune femme à Marseille, au micro de RMC.

«Moi 7 fois. Il y en a quatre qui n'étaient pas justifiées. Mais après c’est la santé mentale. C’est un temps où je me repose et la prochaine fois, j’irai travailler. Je pense qu’il y a un changement générationnel aussi», renchérit un habitant. Et pour cause, cette génération a subi le Covid de plein fouet. Ainsi, sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes promeuvent les bienfaits des arrêts maladie. Des sites permettent d’en obtenir facilement, tandis que des milliers de tutos pullulent pour savoir comment poser son arrêt.

«Notre marché du travail a besoin de faire un gros virage par rapport à ça»

Face à ce changement, le marché du travail doit s’adapter comme l’explique Mathilde Forget, gérante d’un organisme de reconversion. «Même si les employeurs ont fait énormément de progrès pour attirer les talents, le problème, c’est qu’ils n’arrivent pas à les garder. Notre marché du travail a besoin de faire un gros virage par rapport à ça, d’apporter davantage de souplesse, qu’on puisse travailler un certain nombre d’heures dans la semaine, mais certains sont plus du matin ou du soir», détaille-t-elle auprès de RMC.

Mais cela provoque de la détresse chez certains chefs d'entreprise. «C’est une angoisse oui parce que le matin, quand vous allumez la lumière de l’entreprise, vous vous demandez si vous aurez tout le monde. C’est une totale désorganisation. J’ai trois structures et au total 17 salariés, donc à partir du moment où on a un absent, on doit réorganiser. Ça a des conséquences sur les plannings, sur le respect des délais. On est déjà dans un métier à flux tendu et là effectivement le fait d’avoir un ou deux absents, c’est un grand vent de panique dans l’atelier», explique Laurent.

Des mesures prochainement annoncées par Matignon

Vincent, gestionnaire de paie dans le Puy-de-Dôme, dénonce ces arrêts maladie qui «jettent du discrédit sur les gens» ayant «de vraies pathologies, de vrais problèmes, de vrais arrêts de travail». «Actuellement on voit une grande mode débarquer dans le monde du travail c’est un salarié qui demande une rupture conventionnelle parce qu’il va déménager. Et si elle est refusée, il se met en arrêt de travail», dénonce cet auditeur de RMC.

De son côté, Matignon alerte sur une dérive préoccupante et souhaite mettre fin aux arrêts de travail abusifs. En ce sens, des mesures doivent d'ailleurs être annoncées dans les prochains jours.

>> Notre service - Faites des économies en testant notre comparateur d’Assurances Santé