De nombreux seniors se battent contre une double discrimination. Désavantagés sur le marché du travail en raison de leur âge, certains chômeurs de plus de 50 ans galèrent encore plus à retrouver un emploi en raison de leur condition physique ou de leur genre. Bien que le taux de chômage des personnes reconnues comme handicapées a atteint, fin 2022, son plus bas niveau depuis 2008, une limite générationnelle apparaît : les plus de 50 ans représentent 52% des actifs handicapés en recherche d’emploi, mais 28% seulement de l’ensemble de la population des demandeurs d’emploi, d’après une publication de l’Association de gestion du fonds pour l’Insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).

Du côté des femmes seniors, le constat n’est pas plus réjouissant. D’après les dernières données de la Dares, le taux d’emploi des femmes ayant entre 55 et 64 ans (55,5%) est inférieur à celui des hommes de la même tranche d’âge (58,3%). Et lorsqu’elles parviennent à (re)trouver une activité, les femmes seniors acceptent plus souvent des conditions de travail dégradées : 31,5% occupent un emploi à temps partiel, contre 10,7% des hommes âgés de 55 à 64 ans, et 6,4% d’entre elles sont en situation de «sous-emploi» (emploi à temps partiel alors qu’elles souhaitent travailler plus d’heures et sont disponibles pour le faire), contre 2,6% des hommes seniors.

Des comportements sexistes à peine cachés

En effet, à en croire les nombreux témoignages reçus par Capital, être une femme de plus de 50 ans est encore loin d’être bien vu par de nombreux recruteurs. Stéphanie**, 51 ans - dont plus de 30 ans passés dans les secteurs de la sécurité, des services et de l’industrie - et inscrite à France Travail (ex-Pôle emploi) depuis fin 2022 -, en a fait l’amère expérience. Après plus d’un an de recherche d’emploi et l’envoi de plus de 800 CV pour des postes dans ses domaines de prédilection mais aussi dans de nombreux autres secteurs (grands magasins, hôtellerie, BTP, santé…), elle n’a quasiment reçu aucune réponse : «Dans 95% des cas, je n’ai eu aucun retour. Pour les 5% restants, les réponses étaient négatives», chiffre-t-elle.

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