
«Comptons sur l’expérience des 50 ans et plus. Recrutement, formation, accompagnement… Rendez-vous sur emploi50plus.gouv.fr». Ce message, vous l’avez peut-être entendu à la radio. Et pour cause : depuis le samedi 31 mai, le ministère du Travail diffuse massivement à l’antenne les trois spots de sa nouvelle campagne de communication dédiée aux salariés expérimentés. Objectif affiché : «aller à l’encontre des stéréotypes négatifs» et «démontrer que les travailleurs expérimentés sont tout à fait qualifiés pour contribuer à l’activité des entreprises», a insisté la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet, lors de la présentation officielle de la campagne à la presse, ce lundi 2 juin.
Le gouvernement espère «changer les regards», donc, mais aussi «changer les pratiques». Pour y parvenir, l’exécutif mise un partenariat encore plus renforcé avec France Travail. Car si la ministre concède que le taux de chômage des travailleurs de plus de 55 ans - de 5,5% - est «relativement bas, on a une vraie surreprésentation des travailleurs expérimentés sur les chômeurs de longue durée».
Des ateliers individuels et collectifs de deux à trois mois
Pour inverser la tendance, elle mise donc sur une nouvelle initiative : «Boost 50+». Présenté comme un «accélérateur de retour à l’emploi», ce dispositif s’adressera à tous les chômeurs de plus de 50 ans, dès leur inscription à France Travail. Au programme : entre 8 et 12 semaines d’ateliers pour lever les freins au retour à l’emploi, qu’ils soient d’ordre professionnel ou psychologique. Autrement dit, «faire peut-être le deuil de son emploi précédent, et élargir le champ des possibles», illustre la ministre du Travail.
Pour les aider à tourner la page plus sereinement, le gouvernement fait un pari audacieux : celui de réaliser une partie de l’accompagnement en présence d’autres demandeurs d’emploi du même âge. «On voit que le collectif marche très bien avec les personnes de plus de 50 ans ou de 55 ans qui, parce qu'elles sont dans une démarche de chômage de longue durée, peuvent se décourager», assure le ministère du Travail. L’idée, c’est donc de leur faire prendre conscience qu’ils ne sont pas seuls, afin de les aider à retrouver confiance, et ainsi porter un autre regard sur leur situation.
Et c’est «une fois que le projet [professionnel] a été bien défini qu’on peut avoir un dispositif de reconversion», notamment «sur les métiers en tension», poursuit Astrid Panosyan-Bouvet. C’est là qu’intervient le deuxième grand dispositif du plan d’action pour l’emploi des 50+ : le programme Atout Senior, qui propose une formation intensive de quatre mois, suivie d’une immersion en entreprise de deux à trois mois. Résultat : plus de 8 travailleurs expérimentés sur 10 (85%) retrouvent un job stable après leur formation. Mais pour bénéficier de cet accompagnement sur-mesure, il faudra patienter un peu. L’expérimentation de Boost 50+ ne démarrera qu’à «l’automne 2025, avant un déploiement progressif dans l’ensemble des 900 agences France Travail d’ici 2027», confie le gouvernement à Capital.



















