La grossesse est une épreuve pour de nombreuses femmes. C’est d’ailleurs pour cela que le congé maternité commence avant la naissance de l’enfant. Mais certaines subissent des désagréments tout au long de leur grossesse. C’est le cas de cette conseillère en investissement dans une société basée à Birmingham (Angleterre). Elle a pris son poste en mars 2022, et est tombée enceinte la même année. Dès les premières semaines, cette dernière doit régulièrement quitter son poste à cause de fortes nausées, comme le rapporte l’Indépendant.

Après une visite chez le médecin, il lui est conseillé de rester chez elle et de faire du télétravail «car les deux prochaines semaines correspondent généralement au pic des nausées matinales dues aux hormones». Mais cela n’arrangeait de toute évidence pas son employeur, qui s’est empressé de le lui rappeler. Après un message dans lequel il venait aux nouvelles, et auquel elle a répondu qu’elle se sentait «très mal», celui-ci lui a demandé de venir travailler quelques jours en présentiel. La femme lui a alors rappelé les recommandations du médecin et l’a même informée que si son état de santé continuait, elle ne pourrait même plus travailler depuis chez elle et devrait sûrement se faire hospitaliser.

100 000 euros de dommages et intérêts

Mais un message arrivé par SMS quelques jours plus tard vient rompre le dialogue : «Salut, j’espère que tu vas bien. Tu as sans doute déjà remarqué que nous devons trouver quelqu’un pour venir au bureau, car nous avons du retard. Je voulais juste te dire que j’espère que tu ne le prendras pas mal et que tu ne nous considéreras pas comme de mauvaises personnes, mais nous traversons une période difficile. À part ça, je vais essayer de voir quelles autres opportunités s’offrent à toi pour nous rejoindre… Envoie-moi un message quand tu iras mieux […]. J’espère te revoir bientôt. On a plein de choses à se raconter en dehors du travail.» Son salaire ne lui a plus été versé après ça.

Mais devant la justice, l’employeur a assuré qu’il ne s’agissait pas clairement d’un licenciement. Le tribunal a pourtant décidé de se ranger du côté de la plaignante, jugeant que celle-ci a bel et bien été victime d’une discrimination caractérisée en raison de sa grossesse, et donc de licenciement abusif. L’entreprise a été condamnée à lui verser 93 616,74 £, soit plus de 108 000 €, au titre de dommages et intérêts.