Rien ne va plus chez Body Minute. Des gérantes d’instituts ont saisi les prud’hommes pour faire valoir un «salariat déguisé» au sein de l’enseigne, rapporte Le Parisien qui est allé à la rencontre de plusieurs d’entre elles. Ces dernières partagent le même sentiment, elles sont épuisées : «On vit Body Minute. On se lève, c’est Body Minute. Même notre vie de famille, on l’a mise de côté», a partagé Anna (le prénom a été changé). En effet, Body Minute demande toujours davantage de tâches à effectuer à ses franchisés, dans un contexte économique compliqué en raison de l’inflation.

Dans la tourmente après avoir mal su gérer sa communication externe lors d’une polémique sur les réseaux sociaux, datant de fin d’année 2024, Body Minute voit ainsi quelques-uns de ses gérants se lever contre l’enseigne. Et la cible, en premier lieu, est le patron Jean-Christophe David qui a mis mal le business des instituts, et des salariés y travaillant par la même occasion.

«Un salariat déguisé»

Plusieurs gérantes d’instituts ont ainsi monté un collectif de franchisées visant la société JCDA, détentrice de la marque Body Minute. Huit requêtes ont déjà été adressées, vendredi 27 juin, au conseil de prud’hommes de Paris pour réclamer la requalification de leurs contrats, a indiqué leur avocat, Jonathan Bellaïche, au Parisien. «On estime que ce n’est pas une franchise mais une relation de travail déguisée, et que ces gérantes sont victimes de salariat déguisé», a présenté l’avocat qui a déjà fait condamner des géants comme Uber ou Airbnb. Selon Jonathan Bellaïche, la direction de Body Minute abuse du cadre de la franchise afin d’échapper à certaines responsabilités en tant qu’employeur.

Sous leur statut de la franchise, les patronnes d’instituts Body Minute sont supposées exercer de façon indépendante, tout en vendant des soins et des produits de la marque. Mais elles dénoncent un manque criant d’autonomie, des consignes strictes et parfois même des visites surprises de Jean-Christophe David, en personne : «Il passait le doigt sur les comptoirs pour vérifier la poussière», s’est rappelée Inès, une des gérantes franchisées. Avec les polémiques et les appels au boycott, Inès, toujours, a vécu des derniers mois très difficiles à cause de la communication chaotique de son patron : «On a eu des clients qui n’ont pas souhaité payer des prestations». Elle estime aujourd’hui à 30% sa perte de chiffre d’affaires depuis le début de la débâcle et pense à une seule chose : vite tourner la page Body Minute.