Shein est décidément dans l’oeil du cyclone. Alors que le procès du géant chinois Shein s’ouvre ce lundi 12 janvier, 19 organisations professionnelles et plus de 120 marques se sont associées à une plainte déposée contre la plateforme pour «concurrence déloyale». Il s’agit là d’une action collective totalement inédite dans le secteur du commerce. «C'est une première», se félicite Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, sur Franceinfo.

Condamnée ces dernières années «pour pratiques commerciales trompeuses, manquements aux obligations de conformité et de sécurité des produits et violation de la réglementation sur la protection des données personnelles», selon le communiqué des fédérations, Shein est accusée de ne pas respecter certaines règles. «Il faut savoir que neuf promotions sur dix sur le site de Shein étaient fausses et parfois, vous payez plus cher après la promotion qu’avant», explique Yohann Petiot. La stratégie de la plateforme chinoise lui a permis «d'abaisser ses coûts et de faire des prix encore plus agressifs, encore plus attractifs, créant ainsi une concurrence totalement déloyale vis-à-vis des acteurs implantés en France».

La demande de suspension de la plateforme en France rejetée

C’est ainsi que les organisations professionnelles ainsi que les marques espèrent «la reconnaissance par le tribunal de ces actes déloyaux vis-à-vis de nos entreprises». Selon Yohann Petiot, Shein «a créé un préjudice économique pour les entreprises respectueuses des règles et implantées en France», et il réclame donc «la réparation» de celui-ci, ainsi que «l’octroi de dommages et intérêts proportionnés à ces pertes».

Evoquant notamment la découverte d’armes et de poupées sexuelles à caractère pédocriminel sur la plateforme de vente en ligne, le directeur général de l’Alliance du Commerce estime que «ces pratiques ne sont pas admissibles en France et en Europe. Il faut se mobiliser contre». «Le gouvernement le fait, maintenant, il faut que l’Europe le fasse aussi», martèle-t-il. Pour rappel, le gouvernement avait demandé la suspension pour trois mois de la plateforme en France, ce que le tribunal judiciaire avait rejeté. Il a donc interjeté appel.