Un réel traumatisme. C’est ce qu’a vécu Victor*, licencié par Maaf Assurances (groupe Covéa) pour faute grave courant 2022 après de nombreuses années passées au sein du groupe, et qui a décidé d’attaquer la mutuelle en justice pour contester le motif de la rupture de son contrat. Un cas qui n’est, semble-t-il, pas isolé et qui, pour certains anciens salariés, illustre une sorte de chasse aux seniors, considérés comme trop coûteux et pas assez souples. Seule certitude : les témoignages s’accumulent. Nous avons en effet pu échanger avec plusieurs ex-salariés seniors licenciés par la Maaf, dont l’un a déjà fait condamner l’entreprise. Si certains se sont résignés à démissionner, d’autres entendent bien faire valoir leurs droits et obtenir réparation.

Pour Victor, l’audition aux prud’hommes a déjà eu lieu fin 2023 et le délibéré est attendu pour mars. Arrivé à la Maaf en tant que chargé de clientèle professionnelle en 1987, il a très vite monté les échelons, jusqu’à décrocher un poste de responsable régional dans le Sud de la France, à partir de 2003. «Pendant toutes ces années, je n’ai jamais eu aucun problème avec mon employeur», assure le cinquantenaire. Tout bascule début 2021, lorsqu’une nouvelle directrice régionale - la nouvelle «n+1» de Victor - arrive. «Ça s’est tout de suite très mal passé. Elle me harcelait. C’était un enfer», témoigne-t-il.

Le salarié licencié accusé de management toxique

Alerté sur le sujet par le salarié, le médecin du travail envoie un courrier à Maaf Assurances en juin 2022 pour signaler à l’entreprise que Victor «présente des troubles de santé consécutivement à un management délétère de sa direction régionale qui aurait pour dessein de le discréditer et le court-circuiter auprès de ses équipes». L’occasion aussi de rappeler au groupe ses «responsabilités» et son «obligation de sécurité et de résultats contractuelles en matière de protection de la santé (physique et mentale) des salariés», peut-on lire dans ce document que Capital a pu consulter.

Mais rien n’y fait. «Plusieurs de mes responsables hiérarchiques sont allés voir une de mes directrices d’agence (un poste à un niveau hiérarchique juste en dessous de celui de Victor, NDLR) pour qu’elle témoigne contre moi, ce qui a permis d’ouvrir une enquête interne», relate l’ancien salarié de la Maaf. Accusé de management toxique et délétère suite à cette enquête, Victor est licencié pour faute grave en août 2022. «Dans ma lettre de licenciement, il est indiqué que la direction des ressources humaines aurait réalisé un diagnostic d’analyse des risques psychosociaux sur le territoire que je gérais. Sauf que ce document, demandé par mon avocat, ne nous a jamais été fourni. Il y a de grandes chances qu’il n’existe pas», estime-t-il.

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