Avez-vous pensé à changer de vie professionnelle ? Faire votre métier passion, celui dont vous rêviez quand vous étiez enfant ? Compte tenu des mouvements du marché du travail d’aujourd’hui et de notre quête de sens propre à notre société, les changements de carrière sont devenus légion.

Mais, attention, l’exercice n’est pas forcément facile et demande plus de méthode qu’on ne le croit. Avant de sauter dans le grand bain, voici 5 conseils à suivre pour passer le cap d’une bonne reconversion professionnelle, avec Estelle Trepreau, coach et consultante en carrière et leadership, fondatrice du cabinet Iceberg.

Ne pas oublier de faire une introspection

Avant de tout plaquer sur un coup de tête, posez-vous d’abord les questions qui peuvent être inconfortables mais nécessaires : qu’est-ce qui ne va pas précisément ? Est-ce le métier, l'environnement ou le manque de perspectives ? Qu’est-ce qui vous a fait tenir jusqu’à maintenant ? Quelles sont vos valeurs fondamentales ? Sans faire la liste de vos compétences, cherchez à savoir ce qui vous fait vous lever le matin et ce que vous ne tolérez plus. « Cette étape est assez importante car elle permet d’identifier ce qui pourrait s’aligner avec votre identité profonde et votre quotidien, analyse la coach. Ne passez pas outre car vous risqueriez de transposer vos anciens problèmes dans un nouveau décor ».

Établir une stratégie de sécurité financière

Évidemment, le frein numéro un est bien l’aspect financier d’une transition professionnelle. « Cette peur est plutôt saine car elle protège mine de rien, alerte Estelle Trepreau. Mais elle ne doit pas être paralysante ». Le meilleur remède pour la rationaliser ? Faire un budget. « Listez vos charges incompressibles et déterminez votre "seuil de survie", conseille-t-elle.

Jusqu’où pouvez-vous descendre en rémunération si c’est nécessaire pour la transition ? » Aujourd’hui, il est devenu rare de démissionner sur un coup de tête donc anticipez selon votre position actuelle, avec une rupture conventionnelle par exemple pour conserver le filet de sécurité du chômage. L’idéal ? Avoir un matelas de sécurité financier, de l’argent de côté, pour pallier une baisse de revenus temporaire le temps d’une formation par exemple. « L'anticipation financière est le seul remède efficace contre l'anxiété de la transition », ajoute-t-elle.

Faire le deuil

« C’est le point le plus sous-estimé d’un changement de cap professionnel, assure-t-elle. Changer de métier, c’est accepter de perdre un statut, un titre, parfois une reconnaissance sociale acquise sur des années, ou de redevenir débutant. On lâche une ancienne identité professionnelle pour aller vers une autre. Ce n’est pas rien, c’est un shift interne qui demande de grandir ».

Et ce passage à vide est plutôt normal dans ce processus puisque vous allez vers l’inconnu. La recette magique ? Patience et bienveillance : « En fait, c'est une transformation du regard que vous portez sur vous-même ».

Développer son leadership

Si vous passez le cap de l’entrepreneuriat après une position de salarié, il va falloir de la force mentale pour apprendre à apprendre. Créer son entreprise implique d’être réellement multifonction, c’est pour cela qu’il faut accepter de passer outre les freins et les blocages et de croire en soi-même.

« C'est une vraie école d’apprentissage de soi, remarque Estelle Trepreau. Acceptez les inconforts, laissez-les vous traverser et transformez-les en leviers de croissance. Si vous ne changez pas de posture interne, le projet restera fragile ».

Adopter la stratégie des petits pas

Vous attendez que les enfants soient plus grands pour vous lancer ? Ou le déclic pour démarrer le processus ? Et s’il ne venait jamais ? « Adoptez la stratégie des petits pas et agissez avant de vous sentir totalement prêt, poursuit-elle. La clarté naît de l’action, pas de la réflexion pure ».

Pensez à faire des immersions professionnelles, parlez à des gens dont c’est le métier ou essayez de suivre une formation courte, bref, testez votre hypothèse avant de tout valider. Si vous sentez que vous tournez en rond, l’accompagnement peut être un accélérateur efficace.