Mettre fin à la durée de travail légale de 35 heures par semaine pour financer le système des retraites. L’idée s’est invitée dans le débat, à l’initiative des députés MoDem qui ont voulu proposer par amendement - avant de faire marche arrière - de porter à 35,5 heures par semaine le temps de travail des salariés. De quoi permettre de “baisser la décote pour les petites retraites et les carrières hachées”, ce qui rapporterait “au moins” deux milliards d’euros, a expliqué Jean-Paul Mattei, le président du groupe MoDem à l’Assemblée, le 22 janvier dernier au Figaro.

Une proposition qui n’a pas manqué de faire réagir tous les camps politiques, et à laquelle s’est déjà opposé le gouvernement. “Nous ne voulons pas ouvrir un débat sur le temps de travail, a affirmé Olivier Dussopt, le ministre du Travail, sur CNews le 23 janvier. Nous avons énormément de salariés et agents publics qui travaillent plus que 35 heures et qui sont payés en heures supplémentaires avec une majoration et une exonération. Si on bouge ces critères-là, c’est très souvent de la rémunération en moins. Donc c’est un chantier que nous ne voulons pas ouvrir.”

En effet, “les 35 heures ne sont que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Cela ne signifie donc pas forcément que les salariés travaillent effectivement 35 heures par semaine. Et justement, beaucoup d’entreprises dépassent déjà cette durée de travail hebdomadaire. En moyenne, elle tourne autour de 37 heures pour les salariés non cadres”, commente Bertrand Martinot, économiste rattaché à l’Institut Montaigne et spécialiste de l’emploi et de la formation professionnelle, qui estime que la piste du MoDem (finalement abandonnée) était une “mesure absurde”.

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