
Ils sont architecte/charpentier, gérante d’un haras/agent immobilier, journaliste/décoratrice d’intérieur, consultant/propriétaire d’un bar… Eux, ce sont les slasheurs, des professionnels qui exercent au moins deux activités simultanées, voire plus. Le terme «slasheurs», qui vient de la barre oblique slash en anglais, a été vulgarisé en 2007 aux Etats-Unis, avec l’ouvrage One person/Multiple careers, de Marci Alboher, conférencière et experte en impact social, spécialisée dans le travail et le lien intergénérationnel.
«Dans les pays anglo-saxons, on ne regarde pas de travers les gens qui ont plusieurs métiers. Tandis qu’en France, ils ont longtemps eu une mauvaise image. Celle-ci est liée à un culte de l’expertise issu de la révolution industrielle et à la croyance qu’il fallait devenir devenir expert pour se sécuriser dans sa vie professionnelle», explique Marielle Barbe, elle-même slasheuse, multi entrepreneuse et autrice de Profession / slasheur / : la vie est trop courte pour choisir un seul métier (Diateino).
Aujourd’hui, l’évolution du travail et des métiers, la révolution IA et les crises profondes qui se succèdent amènent à une nouvelle perception de la polyactivité. «On a vu avec le Covid que les gens qui s’en sont le mieux sortis sont ceux qui n’avaient pas tous leurs oeufs dans le même panier, ceux qui pouvaient poursuivre une activité pour faire bouillir la marmite».
Avoir plusieurs cordes à son arc
15% des actifs exercent ainsi aujourd’hui au moins deux activités, selon une étude menée pour le Salon SME, un rendez-vous pour les indépendants, créateurs et dirigeants de TPE, en 2025. «Par les temps qui courent, c’est rassurant de se dire qu’on a une autre corde à son arc, continue Marielle Barbe.
Et de citer l’exemple d’un directeur général d’un grand groupe de communication, licencié à 57 ans, après vingt-cinq ans passés dans cette maison. «Il avait monté en parallèle une entreprise en lien avec une de ses passions, ça l’a sécurisé d’avoir réfléchi à la suite, de ne pas partir dans le grand vide».
Un bon tremplin vers l'entrepreneuriat
Le bon profil pour slasher ? «Il faut que cela corresponde à votre personnalité, avance Marielle Barbe. Les slasheurs sont des profils curieux, multi potentiels, qui s’ennuient souvent vite.» Selon l’étude menée par le salon SME, ce sont principalement des jeunes de 18 à 34 ans. «De plus en plus de jeunes ne se projettent pas toute la vie à faire la même chose, et ce, dès la sortie de l’école. Mais le slashing ne séduit pas uniquement les jeunes générations. Il y a aussi beaucoup de jeunes quadras qui aiment leur job mais à qui il manque quelque chose. Des slasheurs, il en existe de tous les âges, tous les métiers, avec des configurations parfois incroyables.»
Leur point commun ? Vouloir vivre plusieurs vies en une seule. «Tous cherchent du sens dans leur vie, une complétude et de pouvoir embrasser ce qui compte pour eux. Ils ont aussi conscience que tout est fragile et ont besoin de travailler cette résilience professionnelle».
Toujours selon l’étude, 62% des slasheurs choisissent la polyactivité pour accroître leurs revenus, 38% y voient une façon de monétiser un passe-temps passionnant et 21% un tremplin vers une reconversion future. «Le slashing est une bonne piste pour aller vers l’entreprenariat sans prise de risque», affirme Marielle Barbe. En pratique, il permet de développer, tester et valider ou non une idée en mode side project, tout en gardant son activité salariée.
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