Le complexe de l'imposteur pousse ses victimes à considérer leurs succès professionnels comme des coups de chance, liés à un bon alignement des planètes. La paternité de leurs échecs ne fait, en revanche, aucun doute pour eux ! Un double biais qui ne facilite pas la compréhension de leurs propres forces et faiblesses. La solution : trouver un autre moyen pour renforcer leur sentiment d'efficacité personnelle et de confiance en soi.

Albert Bandura recommande donc de trouver auprès d'un tiers la validation de son travail. Evidemment, pas n'importe quel tiers : ce doit être une personne de confiance, dont vous respectez le travail et la capacité d'analyse. Et pas n'importe comment : l’impact d’un «ah ouais, trop bien ton rapport, merci» devant la machine à café sera, au mieux, inexistant, au pire, négatif… L'échange doit se dérouler dans des conditions permettant d'éviter ce type de jugements à l'emporte-pièce. Il existe en entreprise deux voies pour obtenir cette précieuse confirmation verbale qui booste la confiance en soi et, incidemment, chasse le sentiment d'imposture : le feed-back et le mentorat.

1. LE FEED-BACK

Littéralement, le feed-back signifie «ce qui nourrit en retour». Mais gare à la confusion : un conseil qui ne vous aide pas à vous construire ou à progresser n'est pas un feed-back. Un compliment ou un reproche déguisé non plus. «Le feed-back est non jugeant. C'est un message venant d'une personne libre de le donner, adressé à une autre, libre de le recevoir», précise Stéphane Moriou, conférencier et spécialiste du sujet. Parce que nous sommes tous influencés aussi bien par notre environnement que par nos interactions avec autrui, nous avons besoin de ces «retours apprenants».

Encore faut-il s'astreindre à aller les chercher, au bon moment et de la bonne façon. «Il faut laisser à l'autre le temps de l'observation. Imaginez que vous demandez à un visiteur son opinion sur l'hôtel où il séjourne. Si vous l'interrogez au moment du départ, son avis a toutes les chances d'être partial et incomplet. Alors que si vous le prévenez dès son arrivée, son avis sera plus pertinent et axé sur les bons critères à évaluer», prévient Stéphane Moriou.

Autrement dit, en sollicitant la réaction spontanée d'un tiers sur votre travail ou votre conduite, vous obtiendrez moins un feed-back constructif que des louanges ou une critique à brûle-pourpoint. Dans un cas comme dans l'autre, le bénéfice de ces retours en matière d’estime de soi est négligeable.

>> A lire aussi les deux premières étapes de notre coaching

La traque du feed-back

Pour laisser derrière vous votre complexe de l'imposteur, la recherche du feed-back constructif doit faire partie de votre job. N'attendez pas l’entretien annuel pour solliciter des avis sur votre travail. Au cours de l'année, trouvez des occasions d'obtenir des éléments de coaching de la part de différentes personnes.

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital Profitez de -40% sur votre abonnement annuel standard
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement