Stellantis n'avait pas attendu la crise Covid pour expérimenter le télétravail. En 2014, alors encore connue sous le nom de PSA (devenue Stellantis sept ans plus tard, rappelle BFMTV), l'entreprise avait proposé à ses salariés du tertiaire de travailler en partie depuis chez eux. Avec le temps, cette pratique s'est installée, permettant au groupe d'aborder avec assurance et expérience la période de confinement sanitaire et les joies du travail à domicile. Actuellement, quelque 8 650 salariés peuvent télétravailler.

Pourtant, il semblerait que les temps changent. Le constructeur automobile a annoncé une réduction du nombre de jours travaillés à distance, justifiant cette décision par un constat qui tient en quelques mots : «l'organisation actuelle a des limites» selon la direction, qui espère aussi, en demandant aux salariés de revenir au bureau au moins trois jours par semaine, «augmenter les temps d'échange» et «accélérer le processus décisionnel». Et le plan de la direction pour les convaincre a même un nom : «Re-connexion».

Des habitudes personnelles quotidiennes à repenser

Cette re-connexion, donc, «vise à renforcer la collaboration, à accélérer le processus décisionnel et à stimuler l’innovation» explique la direction de Stellantis. L'entreprise expose notamment l'exemple de la formation des nouveaux arrivants, compliquée à distance. Côté syndical, Laurent Oechsel, délégué CFE-CGC, se montre plutôt d'accord : «Avec le télétravail, les entreprises se rendent compte qu'elles ont gagné des m2 de bureaux mais qu'elles ont perdu au change sur la cohésion et la fluidité des échanges d'informations».

Mais cette bascule ne sera pas sans difficultés. Car pour beaucoup, c'est tout le quotidien hors travail, qui va être bousculé. «Il y a des salariés qui n'ont pas de garde d'enfants ou qui se sont inscrit à une activité sportive le midi», illustre Laurent Oechsel. Plus problématique : «Parmi les salariés du site de Poissy, en région parisienne, certains sont allés s'installer en Seine-et-Marne, à Rouen ou dans les Pays de Loire par exemple. Quand vous ne venez au bureau qu'une fois par semaine, c'est acceptable de rajouter une heure de trajet, mais quand on passe à trois jours de présentiel, ce n'est pas digérable

La CFE-CGC préconise de procéder au cas par cas

Seule solution, estime la CFE-CGC : le cas par cas. La direction nationale, de son côté, assure que «les situations particulières seront analysées en concertation avec les directions». Autre conséquence de cette mesure : les problèmes logistiques. «La direction a développé le télétravail avec, parmi les arguments, l'idée de réduire les surfaces de bureaux et l'impact environnemental, explique Laurent Oechsel, sauf qu'aujourd'hui, nos infrastructures ne sont pas dimensionnées, il va falloir vérifier les capacités des espaces de travail, des restaurants d'entreprise, des parkings…» Autant dire que le travail de réadaptation va être long. Et en présentiel.

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