Un salarié sur quatre télétravaille en France. En 2019, avant la crise du Covid-19, seuls 9% d’entre eux pratiquaient le télétravail, selon une étude de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), publiée en novembre 2024. La majorité des télétravailleurs sont des cadres, représentant 61% d'entre eux, contre 45% en 2021 durant la pandémie. Les professions intermédiaires constituent 26% des télétravailleurs, tandis que les employés en représentent 12% et les ouvriers seulement 1%. Par ailleurs, 17% des télétravailleurs sont des agents de la fonction publique. On note également que la majorité de ces salariés sont des femmes (51%).

Plus des deux tiers de ceux qui n’exercent que sur site alors qu’ils pourraient télétravailler souhaiteraient adopter cette pratique. Il est vrai que le télétravail confère quelques avantages aux salariés qui en bénéficient. Ils disposent de plus d’autonomie, selon le rapport de la Dares, notamment en ce qui concerne les choix dans la gestion du temps. Le document souligne également une intensité de travail «moindre», qui s’explique par moins d’interruptions par les collègues ou par la hiérarchie et moins de pression.

Cinq ans après le début de la pandémie, le télétravail a changé la vie professionnelle de nombreux Français, qui ne sont pas prêts à abandonner cette habitude. Pour autant, la plupart d’entre eux aimeraient continuer à un rythme moins fréquent. Ils ne sont que 44% des salariés en télétravail à vouloir en faire plus.

Car, malgré tout, cette pratique, qui s’est imposée dans le quotidien de nombreux Français, peut présenter quelques inconvénients. Moins de la moitié des télétravailleurs disposent d’une pièce dédiée au travail à leur domicile, selon la Dares. Par ailleurs, ces derniers se sentent moins soutenus par leur supérieur hiérarchique lorsqu’ils travaillent depuis chez eux, mais aussi par leurs collègues. Le télétravail peut rimer avec isolement social.

Le télétravail générateur d’isolement social pour certains travailleurs

Hugues, qui témoigne à Capital, le reconnaît : cette pratique peut nuire à la vie sociale. Après la crise du Covid, son entreprise a fermé les bureaux, et le salarié est passé au «100 % télétravail». «Autant c'était supportable durant le confinement, par la force des choses, autant cette décision m’a paru tout à fait incongrue», se rappelle ce travailleur qui, pour remédier à la solitude, se retrouvait «avec quelques collègues en espace de coworking», et ce, à ses frais. «Me retrouver du matin au soir en tête-à-tête avec mon chat me pesait», plaisante-t-il.

A cela, il ajoute «l’accumulation de réunions Teams» et l’impossibilité «de sortir entre 12 et 13 heures par manque de temps». Hugues a fini par quitter cette entreprise au profit d’une société avec un rythme de télétravail plus faible, «un ou deux jours par semaine». «Quel plaisir de voir des collègues chaque jour, de résoudre des problèmes au détour d’un couloir ou d’un café», se réjouit le salarié.

Sylvie, elle aussi, est soulagée de pouvoir continuer à voir ses collègues, «chose que je craignais ne plus pouvoir faire, car au début du confinement, nous étions en 100% télétravail», explique-t-elle. Depuis, la salariée télétravaille «à raison de deux jours sur cinq une semaine puis trois jours sur cinq la suivante». Comme Sylvie, la plupart des télétravailleurs ne sont pas en full remote. Ils sont seulement 5% à télétravailler trois jours ou plus par semaine et 8% deux jours par semaine. La majorité d’entre eux travaillent à distance un jour par semaine ou quelques jours par mois (13% des salariés).

La Dares affirme dans son rapport que le télétravail «favorise l’articulation entre vie privée et vie professionnelle, surtout pour les hommes». Les femmes sont davantage préoccupées par le travail domestique au sein de leur foyer que les hommes, et ce, qu’elles soient en télétravail ou non. Par ailleurs, les télétravailleurs présentent une meilleure santé que leurs collègues qui ne travaillent pas à domicile. Ils sont moins souvent malades et, lorsqu’ils le sont, ils choisissent plus souvent de continuer à travailler, les femmes d’autant plus.