Son crâne est rasé de près et ses biceps débordent du tee-shirt. Ce type-là, on n’a pas envie de lui chercher des noises. D’ailleurs, sa bio officielle précise qu’il a été champion de sanda en 1999, dans la catégorie des moins de 74 kilos. Cet art martial chinois, c’est une sorte de kick-boxing où à peu près tous les coups sont permis. Et Tim Ferriss a appliqué ce précepte à la lettre. Avant le match, il s’est déshydraté pour passer dans une catégorie inférieure à la pesée. Il s’est réhydraté avant de gagner le ring. Pendant les combats, il a utilisé une technique pas très catholique consistant à pousser ses adversaires hors du tapis. Et bing !

Bref, il est un peu limite, le Tim. D’ailleurs, il a commencé à faire fortune en vendant des compléments alimentaires nutritionnels pour sportifs avec un «produit accélérateur neurotransmetteur» dedans. Glups.

Mais ce n’est pas pour ses talents pugilistiques ou culinaires que Tim Ferriss est mondialement célèbre. Ni pour avoir réussi 37 rotations de tango en moins d’une minute (si, si, il est aussi dans le Livre Guinness des records). La notoriété de Tim Ferriss tient principalement à son entrée fracassante dans le monde de l’édition et de la «gouroutitude».

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En 2007, il publie la première édition de La Semaine de 4 heures. Près de 1,35 million d’exemplaires vendus plus tard, il est le maître incontesté des horloges. Bien sûr, il l’avoue lui-même, le titre du bouquin est un poil survendu – il l’a trouvé en cherchant des adwords. Et il n’a écrit nulle part qu’on peut ne bosser que quatre heures. Mais en lisant Ferriss, on devient théoriquement beaucoup plus productif. Et on est censé pouvoir terminer en quelques heures ce qui nous prenait la semaine…

Un "control freak" du chrono

Pour s’assurer la maîtrise du temps, Tim Ferriss invoque une figure tutélaire qui est aussi l’un de mes auteurs de chevet, l’immense philosophe stoïcien Sénèque. «La majeure partie de l’existence, écrivait le penseur, se passe à mal faire, une grande part à ne rien faire, et la totalité à faire tout autre chose que ce qu’il faudrait.» Autrement dit, le temps s’évapore, soit parce qu’on nous le vole, soit parce qu’on le laisse bêtement s’échapper. Et Sénèque d’asséner : «En étant maître du présent, tu dépendras moins de l’avenir.»

Pour lui comme pour Ferriss, le temps est la plus rare des ressources. Alors, pour ne pas gaspiller cet or impalpable, le gourou se transforme en control freakrant du chronomètre. La méthode Ferriss repose sur la gestion des priorités et la loi de Pareto, qui stipule que 80% de nos revenus proviennent de 20% de nos clients. Ou encore que 80% de nos emmerdements sont générés par 20% de nos proches ou de nos collègues. La conséquence, c’est qu’on doit consacrer nos efforts aux 20% qui nous apportent quelque chose ou encore éliminer les 20% qui nous plombent.

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