Les Français vont-ils travailler un jour de plus au détriment d’un jour férié ? L’idée fait son chemin alors que le gouvernement cherche à faire des économies dans le cadre du Budget présenté à l’Assemblée nationale. En réalité, comme l’a évoqué Capital il y a quelques jours, un rapport sénatorial préconise de mettre en place une deuxième journée de solidarité pour améliorer la prise en charge des personnes âgées ou handicapées. Dans la foulée, le ministre de l’Économie a jugé la proposition «intéressante» car on «travaille moins (en France) que dans les autres pays».

La mesure pourrait ainsi entraîner la suppression d’un deuxième jour férié, en dehors du lundi de Pentecôte. «Je pense que tout ce qui permet à notre pays de montrer qu’on peut travailler davantage pour participer à l’effort de redressement va dans le bon sens», a ajouté au micro de TF1 le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, le 29 octobre. Sans désigner de jour en particulier, le ministre estime qu’il faut «laisser de la souplesse pour que ça marche». Pour rappel, la journée de solidarité a été mise en place en 2004, un an après la canicule qui avait frappé le pays.

Près de six milliards d’euros de recettes en vue ?

Tombant normalement le lundi de Pentecôte, elle permet d’améliorer le financement de la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées et handicapées, mais elle n’est plus obligatoire depuis 2008 et les entreprises peuvent lisser sur l’année les sept heures supplémentaires à effectuer ou retirer automatiquement une journée de congé ou de RTT.

En 2015, seulement 30% des Français travaillaient le lundi de Pentecôte. Les retraités contribuent également au dispositif via leur pension. Mais est-ce rentable ? Selon BFMTV, en 2023, cette journée de solidarité (sous différentes formes) a rapporté 3,2 milliards d’euros de recettes à l’État. Sur ce total, 2,4 milliards d'euros proviennent de la contribution solidarité autonomie des salariés (CSA).

Raison pour laquelle le rapport sénatorial évoque une contribution de 2,4 milliards d’euros supplémentaires si un deuxième jour férié était mis en place. Reste à le faire accepter aux Français désormais !