Tomber malade juste avant les vacances ? De nombreux salariés en font l'expérience et il ne s'agit pas simplement de malchance. Michel, journaliste sportif de 54 ans, en sait quelque chose : «Ça me gâchait systématiquement mes premiers jours de congés», témoigne-t-il auprès de 20 Minutes. Après un Tour de France éprouvant, il se retrouvait presque chaque année cloué au lit au moment de profiter de ses vacances, passant des journées entières à grelotter malgré une canicule écrasante. Même constat pour Désirée, qui a vu plusieurs de ses séjours plombés par ce syndrome. «Souvent, ça me prend dès que je suis dans l’avion et ça dure plusieurs jours», explique-t-elle. En Sicile, sous 30 degrés, elle a même dû faire des inhalations comme si elle luttait contre une grippe hivernale.

Ces expériences illustrent ce que le corps médical appelle le «syndrome du paradis», ou «maladie des loisirs». Selon le docteur Bernard Salengro, médecin du travail à Nice, le phénomène s'est amplifié «d'abord avec l'arrivée des ordinateurs portables, puis des téléphones, des réseaux sociaux et du télétravail». Autrement dit, à mesure que les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle se sont effacées. La surcharge de travail, l'intensité des rythmes et la charge mentale contribuent aussi à ce cocktail explosif. Comme le résume l'interne en médecine générale Carla Valette, «en vacances, le corps baisse la garde, se relâche, et l'on est davantage vulnérable aux infections et aux virus qui passent». Elle insiste : «Ce n'est pas du tout psychologique, c'est physiologique».

Quand le corps «baisse la garde»

Le phénomène ne dure généralement que quelques jours, le temps que le système immunitaire se réajuste. Mais il peut gâcher une partie précieuse des congés, surtout lorsqu'on ne dispose que d'une ou deux semaines. Pas de potion miracle donc, mais des habitudes à entretenir. «Arriver à ne pas être constamment en flux tendu, prendre soin de soi toute l'année et faire du sport», conseille Carla Valette. Et si possible, programmer trois semaines consécutives, histoire de limiter le risque de voir ses vacances tourner court. Et si le sort s'acharne, la justice vient de trancher en faveur des salariés. La Cour de cassation a en effet confirmé qu'un arrêt maladie tombant pendant les congés permet de reporter ceux-ci. De quoi atténuer la frustration de voir ses vacances écourtées par cet infernal «syndrome du paradis».

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