
François Bayrou a préféré souligner les «avancées» des négociations du conclave sur les retraites, plutôt que des désaccords «solubles» et présentés comme secondaires. Et parmi les sujets de consensus, un devrait particulièrement retenir l’attention des actifs. «Tous les participants (au conclave, NDLR) se sont accordés pour ne pas remettre en cause les conditions d’âge fixées par la réforme de 2023», a lancé le Premier ministre, lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 26 juin à Matignon pour présenter les travaux des partenaires sociaux. Dit autrement : le relèvement progressif de l’âge de départ à la retraite jusqu’à 64 ans n’est plus remis en question. Rien d’étonnant pour le patronat, représenté dans le cadre du conclave par le Medef et la CPME. Un peu plus du côté des trois syndicats qui participaient aux négociations, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC.
Chargées, au même titre que les organisations patronales, de «garantir l’avenir de notre système de retraite par répartition, en rétablissant son équilibre d’ici 2030», comme l’a rappelé François Bayrou, les organisations syndicales ont dû se résoudre à reculer sur ce sujet ô combien polémique. «Nous avons fait beaucoup de compromis car nous avions conscience qu’il fallait obtenir des améliorations de la loi Borne», expliquait mardi à Capital Cyril Chabanier, le président de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
L’âge du taux plein automatique abaissé à 66,5 ans
Et des améliorations ont en effet obtenues par les syndicats, notamment concernant le calcul de la retraite des mères de famille sur les 23 ou 24 meilleures années selon leur nombre d’enfants contre 25 actuellement, la meilleure prise en compte de la maternité au titre du dispositif carrière longue ou la réintégration du port de charges lourdes, de l’exposition aux vibrations et aux postures difficiles dans le compte professionnel de prévention (C2P, ex-compte pénibilité).
Mais aucun retour à un âge légal de départ à la retraite à 62 ans ou 63 ans n’est donc prévu dans le relevé de conclusions du conclave. Pour rappel, la réforme des retraites de 2023 augmente progressivement cette borne d’un trimestre tous les ans, depuis le 1er septembre 2023. Actuellement fixé à 62 ans et 9 mois pour la génération née en 1963, il passera à 63 ans pour celle née en 1964 pour atteindre 64 ans pour les générations 1968 et les suivantes. Si le conclave ne remet donc pas en question cet allongement, il acte tout de même une avancée pour les travailleurs sous la forme d’une diminution de 67 à 66,5 ans de l’âge d’annulation de la décote, soit l’âge à partir duquel le taux plein de retraite est accordé de manière automatique. A noter que l’intégralité de ces mesures seront présentées au Parlement, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026, et devront être votées par les élus avant une entrée en vigueur probable au 1er janvier 2026.
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