«Nous avons perdu deux ans», a estimé Olivier Babeau dans son billet sur Europe 1, au lendemain du discours de politique générale de Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale. Le nouveau Premier ministre avait annoncé que la décision de suspendre la réforme des retraites serait soumise au Parlement. Un choix qui, pour le président de l’Institut Sapiens, «offre à court terme un apaisement politique mais au prix d’un désastre économique et symbolique».

«On y aura laissé la lucidité sur nos priorités [...] Cela envoie des signaux catastrophiques à ceux qui nous observent et qui nous prêtent, le signal qu’il suffit de crier plus fort pour faire reculer l’Etat», juge froidement Olivier Babeau. Il poursuit : «La retraite n’est pas un débat, mais un déni. Un déni de la réalité démographiques, des vrais enjeux.»

Une «stabilité dans la chute»

L’essayiste français n’a pas pu s'empêcher de comparer la France à ses voisins européens, qui «travaillent plus, investissent davantage, innovent plus vite». L’herbe semblant plus verte ailleurs, «nous gérons des enjeux du passé», constate-t-il et développe : «L’éducation, les réformes structurelles, la révolution technologique, la souveraineté industrielle, la compétitivité… Aucun des sujets qui préparent vraiment notre avenir n’occupent le devant de la scène.»

Décrivant une «stabilité dans la chute», Olivier Babeau voit dans cette suspension de la réforme des retraites, un sacrifice : «Pour avoir un budget, la France a décidé de congédier l’avenir.» Une décision qui pourrait, selon lui, perdre les Français : «Les gens s'exprimeront en 2027 mais auront-ils été éclairés par la campagne. Le débat économique en France est si biaisé.» «J’ai tellement honte pour notre pays devenu un hospice de petits vieux rabougris attendant la quille dès 20 ans», finit-il par écrire sur X, quelques minutes plus tard, ce mercredi 15 octobre.