C’est un constat qui casse les préjugés. Alors que la retraite peut être synonyme de baisse du niveau de vie, une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) indique tout le contraire. Selon les chiffres dévoilés, «12,4 % des personnes nouvellement retraitées en 2020 se trouvaient en situation de pauvreté monétaire au cours de l'année précédant leur départ à la retraite» contre «8,3 % lors de la première année pleinement passée à la retraite», soit une baisse de 4,1 points. Et cette diminution ne fait pas figure d’exception : de 2012 à 2020, la chute se situe entre 3,2 et 4,7 points de pourcentage dans ce laps de temps.

Ce constat s’applique à tous les profils de nouveaux retraités, quel que soit le statut d’activité avant la retraite ou les conditions de départ, explique la Drees. Pour autant, les déséquilibres entre les différentes catégories de nouveaux retraités persistent, ce qui signifie que le risque de tomber dans la pauvreté est toujours plus important pour ceux qui l’ont toujours eu plus élevé avant la retraite.

Une amélioration limitée

«La baisse du taux de pauvreté est d’ampleur similaire pour les nouveaux retraités ayant atteint le taux plein au titre d’une durée de carrière suffisante et pour ceux qui l’ont atteint en partant à l’âge d’annulation de la décote (respectivement 4,8 points et 6,3 points), alors même que les premiers avaient, avant le départ à la retraite, un taux de pauvreté de 13 points inférieur à celui des seconds. L’écart reste donc quasiment aussi grand une fois à la retraite», est-il expliqué.

Le passage à la retraite atténue bien les écarts de revenus entre individus, mais cette amélioration reste limitée. Globalement, les nouveaux retraités changent peu de place dans l’échelle des niveaux de vie. La pauvreté recule, certes 4,1 points de moins, mais cette baisse est compensée par une hausse presque équivalente du nombre de personnes «modestes», situées juste au-dessus du seuil de pauvreté (+3,9 points). De la même manière, les catégories les plus aisées voient leur part diminuer, mais modérément, d’environ 6 points, au profit de ménages au niveau de vie médian.

35% des actifs améliorent leur niveau de vie à la retraite

Au final, une personne sur deux conserve exactement le même rang social qu’avant son départ, et «41 % évoluent dans une catégorie adjacente». Parmi ceux dont la situation change, les évolutions se font quasiment à parts égales : 22 % voient leur niveau de vie s’améliorer, tandis que 28 % basculent vers une catégorie plus modeste.

Pour la moitié des futurs retraités, la pension perçue est inférieure d’au moins 25 % au dernier salaire. Mais cette baisse semble moins forte si l’on prend en compte l’ensemble des revenus du ménage : le recul médian tombe alors à 14 %, puis à seulement 9 % lorsque l’on considère le niveau de vie global. Fait notable : 35 % des personnes encore en emploi juste avant la retraite voient même leur niveau de vie augmenter une fois retraitées. Les situations les plus favorables concernent ceux qui avaient déjà quitté l’emploi avant l’âge légal. «L’augzmentation médiane du niveau de vie est ainsi de 9 % parmi les personnes qui étaient au chômage avant la retraite et de 4 % pour celles qui étaient en invalidité.»

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