
Partir à la retraite avant l’âge légal, actuellement fixé à 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1968, reste possible dans plusieurs situations à condition de remplir des critères précis. Ces dispositifs concernent principalement les assurés ayant commencé à travailler jeunes ou dont la santé s’est dégradée au cours de leur carrière. « Il y a plusieurs typologies de départs anticipés, ceux pour carrière longue et ceux pour raison de santé, le premier cas étant le plus fréquent », souligne Valérie Batigne, présidente de Sapiendo Retraite.
Le départ anticipé pour carrière longue est en effet le dispositif le plus utilisé. Il repose sur deux exigences : avoir commencé sa vie professionnelle suffisamment tôt et avoir cumulé un nombre de trimestres cotisés suffisant au moment du départ. Selon votre année de naissance et votre historique professionnel, votre fenêtre de départ peut ainsi varier de 58 à 63 ans. Mais attention : seuls les trimestres réellement cotisés, et quelques trimestres assimilés dans la limite autorisée, sont comptabilisés. Une nuance qui peut faire perdre les conditions d’éligibilité si elle est négligée.
Les départs anticipés pour raisons de santé : invalidité, incapacité et pénibilité
Les départs anticipés pour raisons de santé, eux, relèvent d’autres règles et dispositifs, notamment l’invalidité, l’incapacité permanente ou la retraite pour pénibilité. Dans tous les cas, la préparation reste essentielle. Elle requiert de vérifier son relevé de carrière, d’effectuer sa demande dans les délais, de contrôler le nombre de trimestres pris en compte… Les erreurs d’anticipation peuvent retarder votre départ, voire vous priver du dispositif auquel vous pensiez être éligible.
Si votre état de santé s’est fortement dégradé, plusieurs dispositifs peuvent permettre un départ avant l’âge légal. Les assurés en invalidité ou reconnus en incapacité permanente (à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle) peuvent partir à taux plein dès 60 ans, voire plus tôt selon leur situation. La retraite pour pénibilité, via le compte professionnel de prévention, offre également la possibilité de partir avant 62 ans si suffisamment de points ont été accumulés. Ces demandes nécessitent des justificatifs médicaux ou professionnels et un examen approfondi par les caisses. Une anticipation administrative est indispensable pour ne pas voir sa demande retardée.
Profiter du dispositif carrière longue
Pour profiter du dispositif carrière longue, il faut avoir validé un certain nombre de trimestres dès les premières années de vie active. Puis cumuler la durée d’assurance exigée pour une retraite à taux plein. « Par exemple, si vous avez validé 4 ou 5 trimestres avant la fin de l’année civile de vos 20 ans, vous pouvez partir entre 60 et 62 ans. Si vous avez cumulé 4 ou 5 trimestres avant vos 21 ans, vous pouvez partir à 63 ans », rappelle Valérie Batigne.
Un départ dès 60 ans est envisageable si vos trimestres sont complets et que vous en avez acquis 4 ou 5 avant 18 ans ; et même dès 58 ans si ces trimestres l’ont été avant 16 ans. Attention : « tous les trimestres ne sont pas pris en compte pour la carrière longue ». Seuls les trimestres cotisés et un nombre limité de trimestres assimilés comptent. Oublier ce tri peut fausser votre éligibilité.
Les erreurs fréquentes dans le décompte des trimestres
Deux écueils reviennent souvent. Le premier consiste à croire que tous les trimestres validés figurant sur votre relevé seront retenus. « Par exemple, si vous avez huit trimestres de chômage, seuls quatre vont compter », avertit l’experte. Le second est de ne pas vérifier que ces trimestres, cotisés ou assimilés, entrent bien dans le bon décompte pour un départ anticipé.
Une mauvaise lecture peut vous faire penser à tort que vous êtes éligible, alors qu’il manque encore plusieurs trimestres cotisés. Autre élément important : les 4 ou 5 trimestres exigés dans la jeunesse dépendent de votre date de naissance. « Si vous êtes né le dernier trimestre d’une année, il ne sera que de 4 trimestres ».
Un conseil, préparez votre dossier « six mois avant la date de départ », insiste Valérie Batigne. Vérifier vos trimestres, comprendre les règles propres à chaque dispositif et éviter les erreurs de calcul, sont les clés pour sécuriser un départ anticipé.


















