Mettre la pression tout en se démarquant de certaines propositions faites par le Parti socialiste. Tel est le jeu d’équilibriste auquel s’est adonné François Hollande alors qu’il était interviewé sur BFMTV dimanche 14 septembre. L’ancien président français était appelé à se positionner sur les mesures à envisager par le nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu (pas encore nommé) afin de rassembler et d’éviter une nouvelle censure. Et parmi les propositions qu’il a formulées, il y en aurait une primordiale, selon lui : suspendre la réforme des retraites, au moins jusqu’en 2026.

Regrettant que le gouvernement ait indiqué «qu'il n’était pas question de revenir au conclave» sur les retraites, qui avait pourtant pour but «d’améliorer la prise en compte de la pénibilité», le Socialiste considère qu’il faut «trouver une solution». Parmi elles, il y a donc la suspension de la réforme jusqu’à nouvel ordre : «Je propose de suspendre la réforme (là où elle en est) pour l'année 2026, et après il y aura un grand débat pour la présidentielle de 2027 et les Français choisiront», a-t-il laissé entendre, peu importe les effets coûteux sur les finances publiques.

L’exécutif n’aurait aucune intention de suspendre la réforme

D’après l’ancien président français, le dossier pourrait être jugé par les électeurs. «Les Français choisiront», a-t-il lâché. Par les urnes ou via un référendum ? Il n’en a pas dit plus. Comme le rappellent nos confrères, le PS avait déjà conditionné le retour d’un conclave sur les retraites «seulement si cela s'accompagne d'une suspension de la réforme le temps des discussions», avait évoqué le député Philippe Brun. La CFDT ne compte d’ailleurs pas «relancer le conclave» sur les retraites et Emmanuel Macron n'aurait aucune intention de suspendre la réforme.

Lors de cette allocution, le député de Corrèze a également plaidé pour des discussions avec son parti, «la seule opposition qui est prête à entrer dans cette négociation», mettant en garde ses collègues : «Il faut nouer un compromis. Il faut que l'on trouve un accord pour que le pays soit tenu et dirigé.» François Hollande s’est d’ailleurs démarqué des autres socialistes, notent Les Echos, en particulier sur les économies à réaliser en vue du budget 2026.

Hollande pas favorable à la taxe Zucman

Faut-il 44 milliards comme le préconisait François Bayrou, ou 22 milliards évoqués par le PS ? «Il faut avoir une trajectoire, sans doute entre les deux», a-t-il laissé entendre. Enfin, l’ancien chef d’Etat s’est démarqué sur la taxe Zucman. S’il considère que «les entreprises et les plus fortunés (doivent contribuer) davantage au redressement», pour lui, il ne doit y avoir «aucun fétichisme». Contre les 2% de taxes prévues par la taxe Zucman, François Hollande plaide pour «un taux très très bas». Et de poursuivre : «Il vaut mieux un rendement qui soit étalé dans le temps plutôt qu'une prise en une fois et ensuite le risque d'un exil», mettant en avant un retour de l’ISF.