François Bayrou se montre ferme. Invité de France Inter ce dimanche 16 mars, le Premier ministre a assuré qu’il n’y aurait pas de retour à l’âge de départ à la retraite à 62 ans, même s’il a affirmé regretter que la réforme des retraites d’Emmanuel Macron ait été décidée «sans les organisations syndicales» alors que les partenaires sociaux se concertent depuis plusieurs semaines sur d’éventuelles révisions de la réforme des retraites de 2023.

«Je suis déterminé à défendre l'idée que nous avons besoin des corps intermédiaires, tout se passe comme s’il n'y avait que le sommet et une base indifférenciée», a-t-il déclaré prônant «une société qui participe aux décisions». Le locataire de Matignon s’est justifié en évoquant le «contexte international» plombé par la guerre en Ukraine et veut prioriser le rétablissement «à l’équilibre de système des retraites du privé à 203 ». Concernant les retraites du public, il souhaite un retour à «un meilleure équilibre».

Menaces militaires et guerre commerciale

François Bayrou a également exprimé sa «divergence» avec son prédécesseur Édouard Philippe, candidat à l’élection présidentielle, qui juge «déjà totalement dépassé» le «conclave» entre partenaires sociaux mis en place par le Premier ministre au vu du contexte international. «J’ai en effet une divergence avec Édouard Philippe. Il considère que la démocratie sociale et les partenaires sociaux, c’est négligeable, qu’il faut (les) laisser de côté, qu’il faut considérer que désormais la décision doit venir du sommet et s’imposer à la base», a-t-il précisé.

Le chef du gouvernement a rappelé qu’il fallait «se préparer sérieusement à des menaces militaires et à la guerre commerciale». Cette dernière, enclenchée par l’administration de Donald Trump, s’exprime par la hausse des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium mais aussi sur le vin et le champagne. «Ce que fait le président des États-Unis est une déstabilisation complète, y compris pour son peuple», a-t-il déclaré.