
Plus de 4 millions de personnes touchent chaque année une pension de réversion en France. Ce sont majoritairement des femmes (près de 90 %) qui la perçoivent. Grâce à ce dispositif, instauré en 1945 avec la création de la Sécurité sociale, le conjoint survivant encaisse une partie de la retraite du défunt. Même si ce dernier n’avait pas encore pris la quille. Si le mécanisme existe dans tous les régimes de retraite, les conditions d’obtention varient d’un régime à l’autre : en fonction du niveau de ressources du bénéficiaire, de son âge et de sa situation familiale.
La première condition d’attribution est d’avoir été marié, avec parfois un critère de durée minimale du mariage à remplir. Quant au montant perçu par le veuf ou la veuve, il correspond à 54 % de la retraite du conjoint décédé dans les régimes de base du privé, contre 50 % si le défunt était fonctionnaire, et 60 % dans la plupart des régimes complémentaires. Les ex-conjoints, même en couple ou remariés, peuvent y prétendre. Le cas échéant, la pension est partagée proportionnellement à la durée de chaque mariage.
Vers un changement des règles du jeu
Dans son rapport remis le 20 novembre 2025, le Conseil d’orientation des retraites (COR) formule des propositions pour changer les règles du jeu des droits familiaux et conjugaux. Concernant la pension de réversion, une harmonisation des conditions est envisagée. Avec une révision du mode de calcul, afin qu’elle devienne un «filet de sécurité» pour les plus bas revenus.
Ces travaux présentant des pistes d’évolution avaient été commandés en mai 2023, par la Première ministre de l’époque Élisabeth Borne. Mais dans le contexte de suspension de la réforme des retraites, une telle refonte du système ne figure pas à l’agenda politique.
Faites votre demande en ligne
S’il fallait retenir une seule chose, c’est ce qui suit. En cas de décès de votre époux ou ex-époux, faites votre demande de réversion sur internet, quand bien même vous n’êtes pas sûr de réunir toutes les conditions. Un simulateur de droit à la réversion est aussi à votre disposition. Notez que vous pourriez toucher une pension des régimes complémentaires, même si celle du régime général vous échappe. Cela vaut le coup de s’y pencher !
La bonne nouvelle est que la démarche se fait sur un seul et unique portail, pour tous les régimes auxquels la personne décédée avait cotisé. Rendez-vous sur votre compte retraite pour remplir votre dossier dématérialisé et déposer les justificatifs requis (avis d’impôt, acte de naissance, livret de famille, RIB, etc.). Le conseil est de ne pas trop attendre car la rétroactivité est limitée dans le temps. Dans le privé, vous avez douze mois à compter du décès pour obtenir un rattrapage.

















