Le débat sur les retraites devrait revenir rapidement sur la table en vue de la prochaine élection présidentielle, avec en toile de fond la suspension de la réforme de 2023 dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026. Car aujourd’hui, selon la DREES, le budget consacré aux pensions de retraite s'élève à 370 milliards d'euros (chiffres de 2023). C’est 13,1% du produit intérieur brut (PIB). Or, pour le député Ensemble pour la République (EPR) d’Eure-et-Loir, Guillaume Kasbarian, il est nécessaire de réformer le système.

Interrogé sur CNews, l’ancien ministre du Logement s’est dit favorable à la capitalisation. «Pour que le travail paie, la première chose à réformer, c’est les retraites. 30% des cotisations des travailleurs va dans les retraites», a-t-il mis en avant dans un premier temps. Or, selon lui, «on ne peut pas dire ‘le travail paie’ et avoir un système par répartition où les actifs financent les retraités d’aujourd’hui et où 30% de ce qu’ils gagnent part au financement d’un modèle social qui est à la dérive.»

Edouard Philippe y est également favorable

C’est la raison pour laquelle le député EPR est favorable, non pas à une dose de capitalisation, mais à un système basé dessus. Il souhaite ainsi «une dose de répartition, un matelas égal pour tout le monde, et à l’inverse, un maxima de capitalisation. Plutôt que de cotiser pour les autres, vous cotisez pour vous-même», a-t-il souligné sur CNews. Les Français pourraient ainsi «prendre une partie de leur argent» puis le placer où ils veulent, que ce soit dans des entreprises, dans l’immobilier ou dans des obligations. «Vous faites travailler cet argent-là», a-t-il exposé.

Résultat : quand vous partez à la retraite, «vous vous bénéficiez de votre propre argent, qui est à vous», assure Guillaume Kasbarian, qui souhaite un système «le plus développé possible pour éviter que l’on ait un déséquilibre démographique et qu’on permette aux gens de gagner leur vie grâce au travail». Ce n’est pas le seul à plaider pour un tel système. L’ancien Premier ministre Edouard Philippe, qui figure parmi les favoris pour la prochaine élection présidentielle, a déjà dit que le système de capitalisation devait «venir compléter le système de répartition».

D’autres hommes politiques, comme Bruno Retailleau, Gabriel Attal ou encore Gérald Darmanin y seraient également favorables. La CFDT a également dit ne pas avoir «de tabou» sur le système de retraite par capitalisation. Il existe d’ailleurs déjà pour les fonctionnaires, en particulier le régime de retraite additionnel de la fonction publique. Depuis 2005, une part de capitalisation a été introduite dans leur pension.