Lorsqu'il avait visité le Mondial de l'Auto, en 2022, Emmanuel Macron avait soigneusement évité les stands des marques chinoises. Le président de la République est-il prêt pour une nouvelle épreuve de slalom ? Le salon automobile s'ouvre ce lundi 14 octobre à Paris et au moins neuf enseignes de l'empire du Milieu sont attendues : BYD, Forthin, GAC, Hongqi, Leapmotor, Maxus, Seres, Skyworth et XPeng (notons l'absence de MG, qui reste le constructeur chinois le mieux implanté en France). Juste après le camp français, la Chine constituera ainsi la délégation la plus importante de l'événement, devant l'Allemagne et les États-Unis.

Les Renault, Stellantis et Volkswagen peuvent trembler. Car dans une période où les voitures neuves coûtent de plus en plus cher, les entreprises chinoises pourraient bien casser les prix, notamment sur le marché balbutiant de la voiture électrique. Mais derrière ces tarifs avantageux, quelle qualité peuvent attendre les automobilistes ? Pour répondre à cette question, nous avons échangé avec des ingénieurs spécialisés dans le démontage des voitures, des experts de l'industrie automobile, et une quinzaine d'automobilistes qui ont acheté un véhicule made in China.

Moquées hier, admirées aujourd'hui : les voitures chinoises inspirent les ingénieurs français

C'est ainsi qu'à Trémery (Moselle), au cœur de l’usine de Stellantis, une équipe d’ingénieurs examine avec attention des pièces automobiles arrivées de Chine. Rotor, stator, onduleur… ce sont tous les organes vitaux d’une voiture électrique qui se retrouvent posés sur leur table. «Nos concurrents chinois sont devenus les meilleurs. Alors on s’approprie leurs bonnes idées», confesse un dirigeant. Le monde à l’envers ! Car elle paraît bien lointaine, cette époque où les constructeurs chinois s’appliquaient à nous imiter, histoire d’améliorer des véhicules réputés peu performants et peu confortables.

Jamel Taganza, vice-président du cabinet d’analyse Inovev, se souvient ainsi d’un trajet laborieux en Lifan 320, une copie de la Mini Cooper. «Pour que la climatisation ou le chauffage soient efficaces, il fallait les tourner à fond, avec un bruit assourdissant dans la voiture.» Au tour donc de ces constructeurs chinois de donner des sueurs froides à leurs rivaux européens. «Ils sont absolument redoutables», confirme Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis.

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