Plages privées sans château de sable d’enfant, campings paisibles où ne résonne aucun cri de bambin… Pour certains vacanciers, c’est le rêve : des vacances sans enfants. Pour répondre à cette demande, de plus en plus d’établissements en France se spécialisent dans l’accueil… exclusivement réservé aux adultes. En Bretagne, par exemple, Sophie Rabory a ouvert un gîte qui n’accueille que les couples sans enfants.

«Ce n’est pas qu’on ne les aime pas (les enfants, NDLR). Il y a plein d’endroits où aller avec ses enfants. Ici, c’est un endroit où on ne les emmène pas pour que les parents puissent profiter, se ressourcer. Et les laisser avec leurs grands-parents, c’est sympa aussi», explique-t-elle à nos confrères de France 2. Un hôtel seulement pour adultes à Porto-Vecchio, un Relais & Châteaux interdit aux moins de 18 ans à Honfleur… les adresses surfant sur cet argument ne manquent pas. Pourtant, cette offre commerciale pourrait bientôt être interdite en France. Une proposition de loi est en effet à l’étude pour interdire ce type de proposition.

Une pratique courante en Espagne et en Allemagne

Pour la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, il s’agit d’une forme de discrimination. Un point de vue que semblent partager nombre de citoyens, comme l’ont pu constater nos confrères. «J’ai neuf petits-enfants, donc je les amène au restaurant parce que c’est un plaisir de les avoir avec nous et de partager des bons moments», témoigne notamment un grand-père.

Dans d’autres pays européens, cette pratique est déjà bien ancrée. En Espagne ou en Allemagne, les établissements «adults only» sont ainsi monnaie courante. À Bruxelles, certains restaurateurs optent pour des alternatives : Bilitis Scaramuzza, patronne du restaurant L’Annexe, a ainsi divisé son établissement en deux pour proposer un brunch le dimanche réservé aux adultes. «La musique est plus cool, un peu plus jazzy, l’ambiance est différente, le service aussi. Je crois que c’est ce côté ‘expérience autre’ que les gens aiment bien», indique-t-elle.

La ministre chargée de l’Enfance doit rencontrer ce mardi les professionnels du tourisme pour discuter du sujet et réfléchir à «une société à hauteur d’enfant».