Alors que la Coupe du monde de football débute ce jeudi 11 juin, les amateurs de bière pourraient bien devoir payer leur pinte un peu plus cher dans les prochaines semaines En cause : la hausse des coûts de production, notamment liée à la guerre au Moyen-Orient, qui pèse sur l’ensemble de la filière brassicole. Dans les bars, la bière reste aujourd’hui l’une des boissons préférées des supporters, moins chère que le vin ou les cocktails.

Dans un pub de Marseille par exemple, une pinte coûte maximum 8 euros, constatent nos confrères de M6. Mais la note risque bientôt de grimper. «On est obligés, à un moment donné, d’un peu augmenter. C’est surtout sur certaines bières», explique une serveuse. Selon la filière des brasseurs, les prix pourraient augmenter d’environ 15% dans les prochaines semaines, soit jusqu’à 45 centimes de plus pour une bouteille vendue autour de 3 euros. La principale cause reste la hausse des coûts de production liée aux tensions au Moyen-Orient, qui impactent notamment l’énergie et le CO₂ alimentaire utilisé pour créer la pétillance de la boisson.

La Coupe du monde, un moment clé pour la filière

«L’énergie représente à peu près 20% de nos coûts de production. C’est ce qui augmente instantanément avec la crise. Les contenants, le verre, il y a beaucoup d’énergie utilisée, donc il y a un risque qu’il y ait une augmentation», explique Thomas Deck, fondateur de la brasserie Deck & Donohue, dans le Val-de-Marne, qui produit environ 1 million de litres de bière par an. «Pour l’instant, on n’a pas subi d’augmentation, mais on est dans l’incertitude pour 2027», précise le gérant. Au-delà de l’énergie, d’autres coûts augmentent également, comme le carton, étiquettes ou encore intrants liés à la production.

Malgré ces incertitudes, la Coupe du monde de football représente un évènement primordial pour les brasseurs. En 2018 par exemple, les ventes de bière avaient grimpé de 14% dans la grande distribution durant la compétition. «Normalement, surtout si la France fait une bonne performance, il y a un peu d’euphorie et d’engouement collectif qui, à l’approche de l’été, sont en général favorables», souligne Thomas Deck. Déjà en 2022, le prix de la bière avait progressé de 4,5% sur un an, dans un contexte d’inflation généralisée.