
Sommaire
- Qu’est-ce que la shrinkflation en France ?
- La réduflation est-elle illégale ?
- Quelles nouvelles réglementations encadrent la réduflation en France ?
- Quels sont les magasins tenus d'informer les consommateurs ?
- Quelles sanctions en cas de non-affichage de la diminution des quantités d’un produit ?
- Comment lutter contre la réduflation ?
- Quelles différences entre réduflation, stretchflation et cheapflation ?
Qu’est-ce que la shrinkflation en France ?
Shrinkflation : traduction
Réduflation est un mot-valise composé des termes « réduction » et « inflation ». Elle trouve son origine dans l'expression anglaise shrinkflation, contraction de « shrink » signifiant « réduire » et inflation. La réduflation, aussi appelée inflation masquée, désigne une pratique commerciale qui consiste à réduire la quantité d'un produit de grande consommation sans en diminuer le prix.
Une pratique commerciale qui se multiplie en période d'inflation
La réduflation est particulièrement mise en place en période d’inflation. Lorsque les prix des matières premières augmentent, les industriels sont en effet incités à en réduire la quantité pour préserver leurs marges. Si la quantité de produit baisse, le prix, lui en revanche ne bouge pas, voire augmente. Difficile pour le consommateur de s'en rendre compte, puisque l'emballage est souvent identique alors que la quantité à l'intérieur a baissé.
La réduflation est-elle illégale ?
Une pratique légale mais controversée
Cette pratique discrète consistant à réduire la quantité de produit est légale. Elle est d'ailleurs pratiquée depuis longtemps par de nombreuses entreprises. Mais les associations de consommateurs veillent au grain et n'hésitent pas à la dénoncer.
Liste de produits touchés par la shrinkflation
En 2024, UFC-Que choisir publie une liste de produits repérés par les consommateurs dont la taille a réduit et le prix a augmenté :
- moins 105 g et + 20% du prix au kilo pour la boîte de Chocapic
- moins 0,5 g et + 70% du prix au kilo du sac de croquettes Friskies
- moins 0,25 g et + 26% du prix au litre de la bouteille de Coca
- moins 30 g et + 13% du prix au kilo du riz Basmati Taureau ailé
Le principal problème de la réduflation ou shrinkflation réside dans le manque de transparence envers le consommateur. Il ignore en effet que le produit qu’il achète n’est plus tout à fait le même que celui qu’il a l’habitude d’acheter au prix habituel.
Quelles nouvelles réglementations encadrent la réduflation en France ?
Nouvelle loi entrée en vigueur en juillet 2024
Pour lutter contre la réduflation, le gouvernement français a souhaité légiférer. L'arrêté du 16 avril 2024 relatif à l'information des consommateurs sur le prix des produits dont la quantité a diminué est entrée en vigueur le 1er juillet 2024. Il oblige les distributeurs de produits de grande consommation dans les grandes et moyennes surfaces à informer le consommateur sur cette pratique.
Une affichette obligatoire mentionnant l'augmentation du prix et la diminution de la quantité
Concrètement, une affichette doit être accolée au produit (comme pour le Nutri-Score) ou placée à proximité immédiate. Visible et lisible, elle indique que la quantité du produit a diminué et que son prix est resté inchangé. On peut désormais retrouver ce type de formule sur les emballages : « Pour ce produit, la quantité vendue est passée de « X » à « Y » et son prix au (unité de mesure concernée) a augmenté de X % ou de X euros ». L’obligation d’information s’applique durant les deux premiers mois suivants la commercialisation du produit concerné.
Quels sont les magasins tenus d'informer les consommateurs ?
L’obligation d’informer le consommateur sur la réduflation concerne les magasins dont la surface de vente est supérieure à 400 mètres carrés. Il s’agit principalement des grandes et moyennes surfaces. À noter que la loi réduflation ou shrinkflation s’applique sur les denrées alimentaires et les produits non alimentaires préemballés de grande consommation vendus en quantité constante. Les denrées alimentaires ou produits commercialisés à quantité variable (exemple : en vrac) échappent à cette mesure.
Quelles sanctions en cas de non-affichage de la diminution des quantités d’un produit ?
Amende
Les sanctions en cas de non-affichage de la diminution des quantités d’un produit sont :
- une amende pouvant aller jusqu’à 3 000 euros pour une personne physique ;
- une amende pouvant aller jusqu’à 5 000 euros pour une personne morale.
Injonction de la DGCCRF
En France, la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) est chargée de veiller à l’application de la loi. En cas d’infraction constatée, les agents de la DGCCRF peuvent prononcer une injonction à l’encontre des établissements qui ne respectent pas leurs obligations. Cette injonction peut faire l’objet d’une mesure de publicité aux frais du professionnel concerné.
Comment lutter contre la réduflation ?
Vérifier le volume et le prix au kilo
Il existe, pour le consommateur, un réflexe à adopter pour lutter contre la réduflation : vérifier le volume ou le poids indiqué sur l’emballage et le prix au kilo. Les habitudes de consommation nous poussent en effet à prendre toujours les mêmes produits sans en vérifier l’emballage.
Comme souvent en matière de consommation, vérifier le prix au kilo est une bonne façon de constater une diminution de la quantité d’un produit. Un paquet de riz de 1 kilogramme qui bascule dans un format 750 grammes sans modification de son prix verra mécaniquement son prix au kilogramme grimper. Cette habitude permet de déceler une pratique de réduflation par des enseignes non soumises à l'arrêté de juillet 2024.
S’informer sur les réseaux sociaux et auprès des associations de consommateurs
Les associations de consommateurs et les réseaux sociaux sont deux partenaires idéaux pour lutter contre la réduflation. Les entreprises qui se livrent, à outrance, à ce type de pratiques sont en effet pointées du doigt en ligne ou dans la presse.
Quelles différences entre réduflation, stretchflation et cheapflation ?
Stretchflation : définition
Dénoncée depuis plusieurs années, la réduflation est de plus en plus concurrencée par une autre pratique commerciale controversée : la stretchflation. Ici, il ne s’agit plus de diminuer la quantité de produits, mais, au contraire, de l’augmenter. En parallèle, l’industriel applique également une hausse de tarif, logique, mais dans une proportion beaucoup plus importante. Pour une augmentation, en grammes, de 10 %, le prix augmente par exemple de son côté de 30 %.
Cheapflation : définition
La cheapflation est quant à elle une pratique qui consiste à modifier la recette d’un produit avec des ingrédients moins onéreux, sans en informer le consommateur.
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