Avec Huawei, Samsung a été l’un des premiers à se lancer dans la conception et la commercialisation auprès du grand public de smartphones à écran pliable. Depuis 2019, le géant coréen n’a eu de cesse d’améliorer et d’affiner son Galaxy Z Fold, son mobile pliant au format livre. Et pour cette année 2026, la marque franchit un nouveau cap avec le Galaxy Z TriFold. Comme son nom le laisse suggérer, l’appareil ne se plie plus en deux mais en trois parties. Il rejoint donc son rival chinois Huawei, une fois de plus, qui en est déjà à deux générations de son Mate XT, également pliable en trois.

À la clé pour ce Z TriFold, la possibilité de profiter d’une surface d’affichage de 10 pouces au format 4:3 une fois l’engin déplié. Il conserve, comme le Z Fold7, un écran de 6,5 pouces en façade pour les usages du quotidien.

© Fabrice Brochain pour Capital

Nous avons pu prendre en main ce mobile atypique, aux caractéristiques techniques qui sortent de l’ordinaire et au prix non moins extraordinaire. Bien qu’il ne soit pas encore commercialisé en France, il se négocie outre Atlantique autour de 2900 dollars (environ 2450 euros HT). Un tarif qui laisse augurer un ticket d’entrée à un peu plus de 3000 euros dans nos contrées.

Ce smartphone d’un nouveau genre chez Samsung sera ainsi le plus cher que la marque n’ait jamais conçu. Mais à qui s’adresse-t-il vraiment ?

La version XXL du Galaxy Z Fold7

Commençons le tour du propriétaire dans son état replié. Bien sûr, il se montre plus épais que n’importe quel smartphone actuel, même le Z Fold7 de la marque ou le Pixel 10 Pro Fold de Google qui n’est pas le meilleur élève dans ce domaine. Avec ses 12,9 mm d’épaisseur, le TriFold ne passe pas inaperçu dans une poche. Côté poids non plus puisqu’il revendique 309 g tout de même. En main, l’appareil se montre assez dense mais la préhension demeure plutôt bonne.

À gauche, le Galaxy Z TriFold, à droite, le Galaxy Z Fold7
À gauche, le Galaxy Z TriFold, à droite, le Galaxy Z Fold7 © Fabrice Brochain pour Capital

C’est une fois déplié que l’on apprécie le savoir-faire des ingénieurs de Samsung, effet « Waouh » en prime. L’épaisseur de l’appareil n’oscille plus alors qu’entre 3,9 mm et 4,2 mm, tout comme le Z Fold7.

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Une belle prouesse qui donne l’impression de ne tenir en main qu’un écran. Néanmoins, Samsung a reproduit la même erreur qu’avec son Z Fold7. Les tranches très fines et les angles saillants ont tôt fait de laisser leur empreinte dans les paumes des mains. Sur une longue session (en tenant le TriFold pour regarder une série par exemple), la sensation peut vite se montrer désagréable.

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Pour le reste, le design demeure dans la lignée de ce que propose Samsung depuis quelques années. Un look identifiable immédiatement avec ses trois modules photo alignés à la verticale au dos de l’appareil et ses boutons sagement disposés sur la tranche droite.

Plutôt surprenant pour un mobile de ce type, le TriFold revendique un indice IP48. Il résiste donc à l’immersion dans l’eau et peut faire barrage aux particules d’un millimètre de diamètre ou plus.

Des écrans somptueux

L’avantage indéniable d’un tel smartphone, c’est la surface d’affichage proposée. L’écran interne affiche ainsi une diagonale de 10 pouces soit autant qu’une tablette. Samsung a opté pour une dalle AMOLED LTPO d’une définition 1584 x 2160 pixels, pour une résolution de 269 ppp, avec un rafraîchissement à 120 Hz. Et, même si elle présente un ratio 4:3, elle corrige en partie l’effet désagréable rencontré sur le Z Fold7 : l’affichage de bandes noires au-dessus et en dessous de l’image lors du visionnage d’une vidéo en 16:9.

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Basculé en mode portrait, ce grand écran permet aussi de lire très confortablement des pages Web ou du texte. Un véritable plaisir.

Nous n’avons par ailleurs pas été déstabilisés par la présence des deux plis sur ce grand écran. On les ressent lorsque le doigt glisse sur la dalle mais moins que sur un Pixel 10 Pro Fold. Les charnières offrent aussi suffisamment de résistance pour ouvrir et fermer l’appareil en toute confiance.

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Enfin, la luminosité nous a paru elle aussi confortable. Samsung l’annonce à 1600 nits. Nous aurons l’occasion de le vérifier avec notre sonde lorsque l’appareil nous sera remis pour test. On apprécie aussi les petites idées du constructeur pour éviter les catastrophes. Samsung a prévu le cas où il vous viendrait l’idée saugrenue de replier les trois volets qui constituent son TriFold dans le désordre (en commençant par la droite). Une alerte surgit à l’écran et l’appareil se met alors à vibrer à tout va.

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En façade, rien de très nouveau. Le TriFold reprend la même dalle AMOLED LTPO que le Z Fold7 avec une diagonale toujours un peu étriquée de 6,5 pouces et une définition de 1080 x 2582 pixels (422 ppp).

Pensé pour le multitâche

L’écran de 8 pouces du Z Fold7 offre déjà pas mal de possibilités. La diagonale de 10 pouces du Z TriFold pousse le bouchon plus loin. Trois applis peuvent ainsi tenir côte-à-côte, un peu comme si l’on disposait trois smartphones « classiques » l’un à côté de l’autre.

De haut en bas : Galaxy S24 Ultra, Galaxy Z Fold7, Galaxy Z TriFold
De haut en bas : Galaxy S24 Ultra, Galaxy Z Fold7, Galaxy Z TriFold © Fabrice Brochain pour Capital

De là, il est possible d’effectuer des copier-coller par simple glissé-déposé d’une appli à l’autre. Chacun pourra aussi organiser à l’écran la position des applis affichées dans des fenêtres comme c’est déjà le cas sur le Z Fold7, mais avec ici encore plus d’espace. C’est vraiment confortable.

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Nous avons également pu expérimenter la fonction DeX. En connectant sans fil le Trifold à un écran externe, on profite d’un double affichage confortable. Il suffit de relier un clavier et une souris Bluetooth au mobile pour le transformer en petit ordinateur avec une interface de type bureau, en conservant par exemple des notes affichées sur le « petit » écran du TriFold et une appli de traitement de texte sur le grand écran externe. Tout fonctionne sans accroc.

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Même sans le mode DeX, le TriFold se plie facilement à un usage professionnel en permettant d’afficher confortablement un tableur ou un outil de présentation. Et c’est sans doute là, la cible privilégiée de Samsung pour son appareil. Ce qui lui manque, c’est un stylet. Avec une telle surface d’affichage, il aurait été le bienvenu. Malheureusement, le S-Pen de la marque n’est pas compatible.

Haut de gamme jusque sous le capot, vraiment ?

Pour ce smartphone ambitieux, Samsung a retenu le SoC le plus performant du moment : le Snapdragon 8 Elite Gen 5 de Qualcomm. Il est épaulé par 16 Go de RAM et 512 Go d’espace de stockage. Un processeur ultra performant mais qui implique de relever deux défis. D’abord, la maîtrise de la chauffe. Dans un mobile aussi fin, Samsung n’a d’autre choix que de freiner les ardeurs de ce moteur pour éviter de transformer l’appareil en chaufferette. Et si nous n’avons pas perçu de montée désagréable en température durant notre prise en main, nous devons attendre les tests définitifs pour constater si les performances ne pâtissent pas de ce design. Second défi, la gestion de la batterie. Le TriFold embarque un accu de 5600 mAh soit 1200 mAh de plus que le Z Fold7.

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Reste à voir par ailleurs si la consommation électrique du Snapdragon 8 Elite Gen 5 (et la chauffe) sont suffisamment bien gérées pour éviter que la batterie rende les armes trop rapidement. On se réjouit en revanche de voir la charge filaire passer de 25W à 45W. Une fois encore, il faudra attendre le test pour vérifier si cette capacité de charge plus importante suffit à refaire le plein rapidement de cette batterie plus généreuse.

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Reste la photo où Samsung joue une partition assez classique pour un smartphone pliable. L’appareil se dote ainsi d’un grand-angle de 200 Mpx (f/1,7), un ultra grand-angle de 12 Mpx (f/2,2) et un téléobjectif 3x optique de 10 Mpx (f/2,4). Une caméra selfie 10 Mpx (f/2,2) se loge dans le poinçon de l’écran externe et une seconde, identique, dans un poinçon de l’écran interne. Il faudra à nouveau attendre un test en bonne et due forme pour connaitre leur performance réelle.

Une disponibilité encore floue

Le Galaxy Z TriFold n’est pas encore disponible en Europe. À ce jour, Samsung France est dans l’impossibilité de nous communiquer une éventuelle date de sortie. La famille Galaxy Z (Fold et Flip) bénéficie généralement d’un renouvellement pendant l’été et il ne serait pas étonnant qu’elle accueille cette année ce nouveau membre grand format vu l’énergie dépensée par la marque actuellement pour vanter les mérites de cet appareil hors norme. En attendant, seuls les résidents en Corée du Sud, aux Etats-Unis, aux Émirats arabes unis, en Chine et quelques autres pays d’Asie peuvent se le procurer.

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