Vous le savez peut-être, nous avons tendance à considérer l'OLED comme la meilleure technologie d'affichage actuelle, que ce soit pour un écran de télévision, de PC, de smartphone ou même de montre connectée. Pourtant, la plupart des constructeurs, notamment sur le marché des téléviseurs, continuent de proposer des écrans LCD classiques. Certes, la technologie est moins chère à produire, mais il existe malgré tout pas mal de références à des prix similaires à ceux des téléviseurs OLED. Bien sûr, on parle alors de LCD avancés, avec des rétro-éclairages très fins, dits Mini LED et accompagnés de filtres à boites quantiques (le fameux QLED de Samsung par exemple). Ces derniers permettent d'améliorer les couleurs et la luminosité. Mais on peut tout de même se demander si opter pour un LCD en 2025 a encore un intérêt.

Samsung fait justement partie des constructeurs qui continuent de proposer sur le haut de gamme une large offre de téléviseurs LCD, aux côtés de ses modèles OLED. Le QN90F, présent dans notre sélection des meilleurs TV, embarque une dalle QLED à rétro-éclairage Mini-LED. Il se démarque par une luminosité exceptionnelle et un prix relativement correct. De son côté, le S95F embarque un écran de type QD-OLED, ce qui lui permet de profiter du meilleur des deux mondes en délivrant un contraste infini grâce aux pixels auto-émissifs de l'OLED, et une vaste couverture colorimétrique grâce au filtre QLED. Afin de savoir si le LCD Mini LED peut rivaliser avec les téléviseurs OLED, nous avons décidé de comparer ces deux très bons modèles sur l'ensemble de nos critères habituels de test. Voici ce qu'il en ressort.

Design : la finesse de l'OLED est indétronable

Le Samsung QN90F adopte un design à la fois sobre et raffiné. Avec une épaisseur d’environ 2,6 cm sans son pied, un cadre très fin et une finition arrière mate soignée, il affiche une silhouette très élégante. Des goulottes intégrées facilitent le passage des câbles, tandis que le pied central, de forme hexagonale, dispose d’un système de gestion permettant de regrouper l’ensemble des fils au même endroit. Ce support rehausse légèrement l’écran (environ 7,5 cm), offrant ainsi l’espace nécessaire pour installer une barre de son. L’ensemble dégage une impression de solidité et de discrétion, parfaitement en accord avec un téléviseur haut de gamme.

© Tanguy Andrillon pour Capital

De son côté, le Samsung S95F mise sur une dalle QD-OLED encore plus fine, limitée à seulement 1,1 cm d’épaisseur. Dépourvu de panneau de rétroéclairage, comme tout OLED, il gagne en compacité et affiche une silhouette plus élancée que son concurrent et les autres modèles QLED. Cette finesse lui confère une légèreté visuelle, particulièrement appréciable lorsqu’il est fixé au mur. Les bords sont encore plus discrets, ne mesurant que 0,7 cm. Son pied central en métal, minimaliste, se fond presque dans le décor. L’esthétique générale reste fidèle à celle du S95D, son prédécesseur, avec une élégance sobre et moderne. La grande finesse de l'appareil est également due à l'absence de connectique au dos. À la place, Samsung l'intègre dans un boîtier externe très pratique.

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Grâce à sa finesse extrême et ses bords quasi invisibles, le Samsung S95F remporte le point. Samsung QN90F (0 - 1) Samsung S95F

Connectique : le boîtier One Connect fait toute la différence

Le QN90F dispose de quatre ports HDMI 2.1 compatibles 4K à 120 ips, avec prise en charge du VRR (Variable Refresh Rate) et de l’ALLM (Auto Low Latency Mode), deux atouts précieux pour le jeu vidéo afin de limiter la latence et éviter les déchirures d’image. À cela s’ajoutent deux ports USB 2.0, une sortie audio optique, une prise Ethernet limitée à 100 Mbps, ainsi que la connectique antenne TNT, câble et satellite. Côté sans-fil, le téléviseur embarque le Wi-Fi 6E et le Bluetooth. On note en revanche l’absence du boîtier déporté One Connect : tous les branchements se trouvent directement à l’arrière de l’appareil. Une solution classique, mais moins pratique pour un accès rapide aux connectiques.

Connectique pour le QN90F
Connectique pour le QN90F © Tanguy Andrillon pour Capital

Comme dit plus haut, le S95F déporte l’essentiel de sa connectique dans le boîtier Slim One Connect exclusif à Samsung. Relié au téléviseur par un unique câble, ce module regroupe quatre entrées HDMI 2.1 (4K 120 Hz, VRR, ALLM), trois ports USB 2.0, une prise Ethernet (toujours limitée à 100 Mbps), une sortie optique ainsi que les entrées antenne. Un atout majeur si vous prévoyez une installation murale : il suffit de brancher vos sources sur le boîtier, sans avoir à manipuler l’arrière de l’écran. Le téléviseur intègre également le Wi-Fi 6E et le Bluetooth. À noter que les deux modèles peuvent atteindre une fréquence de rafraîchissement de 165 Hz, une option surtout utile aux PC haut de gamme capables de faire tourner des jeux à cette cadence en définition 4K.

Boîtier Slim Connect du TV S95F.
Boîtier Slim Connect du TV S95F. © Tanguy Andrillon pour Capital

Avec son boîtier One Connect, le S95F est plus pratique pour gérer les câbles. Samsung QN90F (0 - 2) Samsung S95F

Système d’exploitation : identique, et c'est tant mieux

Les deux téléviseurs fonctionnent sous Tizen 9.0, accompagné de la nouvelle interface One UI 2025. L’expérience est identique, qu’il s’agisse d’un modèle LCD Mini-LED ou d’un QD-OLED : l’écran d’accueil met en avant les contenus des principales plateformes de streaming (Netflix, Prime Video, Disney+, MyCanal…). Seuls le démarrage/extinction et la réactivité de la navigation peuvent varier selon le processeur intégré aux TV, mais ils se révèlent fluides dans les deux cas. À noter que les réglages apparaissent désormais dans un volet latéral permettant de visualiser en direct les modifications appliquées. Une très bonne évolution. Pour accéder à l’ensemble des applications, la création d’un compte Samsung reste en revanche indispensable.

Interface Tizen du Samsung QN90F, identique à celle du S95F.
Interface Tizen du Samsung QN90F, identique à celle du S95F. © Tanguy Andrillon pour Capital

Autre évolution notable : l'ajout de plusieurs fonctions d’intelligence artificielle. La fonction Live Translate peut désormais traduire en direct les sous-titres (TNT, câble ou satellite), tandis que Click To Search identifie automatiquement un acteur ou un film. Le téléviseur détecte aussi le type de contenu visionné (sport, film, émission) et ajuste les réglages en conséquence. Plus gadget, les outils de création d'images via IA — comme la génération automatique de paysages ou l’Art Store enrichi — apportent toutefois une touche de personnalisation originale. Enfin, Samsung soigne l’accessibilité avec Relumino pour les malvoyants et SeeColors pour les daltoniens. Sur les deux modèles, Tizen offre donc la même ergonomie et la même richesse fonctionnelle et applicative (tous les immanquables sont là, et même plus). En dehors de l'obligation de se connecter avec un compte Samsung, c'est un sans faute et sans doute le meilleur OS pour téléviseur connecté.

Interface Tizen du S95F.
Interface Tizen du S95F. © Tanguy Andrillon pour Capital

Aucun modèle prend l'ascendant sur ce critère, puisqu'ils bénéficient du même système d'exploitation et de performances similaires. Samsung QN90F (0 - 2) Samsung S95F

Télécommande : aucune différence

Les deux modèles sont livrés avec la One Remote, une télécommande minimaliste et légère fonctionnant sur batterie. Son dos intègre un panneau solaire capable de la recharger, et c'est très efficace. Un port USB-C reste toutefois disponible pour une charge rapide, en cas de besoin. La prise en main est agréable et l’on retrouve des raccourcis pratiques vers Netflix, Prime Video, Disney+ et Samsung TV Plus. L’absence de rétroéclairage ne se fait pas vraiment sentir : l’ergonomie simple et l’interface Tizen bien pensée rendent la navigation suffisamment intuitive pour s'en passer.

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Sur le S95F, la finition reste similaire : Samsung opte pour du plastique, là où certains anciens modèles faisaient appel à l’aluminium. C'est un peu dommage mais cela ne nuit pas au confort d’utilisation. On retrouve également un petit accéléromètre qui détecte si la télécommande est à l’envers ou non, un détail pratique puisqu'il faut penser à la poser à l'envers pour qu'elle se recharge par énergie solaire.

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Les deux téléviseurs livrent la même très bonne télécommande. Ex-aequo. Samsung QN90F (0 - 2) Samsung S95F

Image : deux visions bien distinctes

Avec sa dalle LCD VA associée à un rétroéclairage Mini-LED, le QN90F affiche une luminosité impressionnante. Nos mesures au Labo Capital affichent jusqu’à 2620 cd/m² en mode Filmmaker et plus de 4400 cd/m² en mode Dynamique, de quoi offrir un éclat spectaculaire sur les contenus HDR et une visibilité de l'écran parfaite en toutes circonstances, même en plein jour et même si la pièce occasionne des reflets (d'ailleurs le filtre anti-reflets du TV est excellent). L’uniformité de la dalle est elle aussi sans reproches, il n'y a aucun clouding (rétroéclairage irrégulier, que l'on peut associer aux traces grisâtres à certains endroits de la dalle quand on affiche du noir). Le seul défaut notable reste le blooming, ce halo lumineux autour des objets très clairs sur fond sombre, un problème inévitable sur les téléviseurs LCD, même si la technologie Mini-LED le réduit un peu. L'appareil offre aussi des couleurs riches, il est capable de reproduire presque toutes les nuances (environ 92 %) de l'espace colorimétrique DCI-P3, utilisé par les films et séries. Et ces couleurs sont fidèles au contenu visionné, puisque la dérive minimum mesurée est de 3,74 en mode Filmmaker. Ce résultat, excellent au demeurant, montre que les couleurs ne sont toutefois pas parfaites (la dérive doit être inférieure à 3 pour que l'oeil humain ne puisse plus la percevoir). Enfin, si le Dolby Vision fait toujours défaut, le QN90F prend en charge la plupart des autres formats HDR : le HLG, le HDR10 et HDR10+. Pour rappel, cette technologie permet de booster la luminosité du téléviseur et de gagner des détails dans les zones les plus claires et les plus sombres d'une image.

Qualité d'image du QN90F
Qualité d'image du QN90F © Tanguy Andrillon pour Capital

Grâce à la technologie QD-OLED, le S95F délivre lui aussi une image spectaculaire. Chaque pixel étant auto-émissif, il affiche des noirs parfaits et un contraste quasi infini, donc sans aucun effet de halo, contrairement à son concurrent du jour. Logiquement inférieur à celui du QN90F, son pic lumineux reste très élevé : 1990 cd/m² en mode Filmmaker et jusqu’à 2210 cd/m² en mode Dynamique. En contrepartie, le contraste et la fidélité colorimétrique sont supérieurs. La couverture du DCI-P3 atteint 100 %, tandis que la dérive des couleurs moyenne a été mesurée à 2, garantissant cette fois une restitution parfaite des couleurs de la source vidéo. Le traitement antireflet progresse également, même si, en plein jour, le QN90F peut garder l’avantage grâce à sa luminosité extrême. Comme sur le QN90F, le Dolby Vision est absent, mais les formats HLG, HDR10 et HDR10+ restent pris en charge. Enfin, les joueurs apprécieront que les deux TV se hissent parmi les meilleurs modèles pour le jeu vidéo, avec un retard à l'affichage très bas (moins de 20ms dans les deux cas) et de nombreuses fonctions spécifiques franchement utiles.

Qualité d'image du S95F
Qualité d'image du S95F © Tanguy Andrillon pour Capital

Les couleurs parfaites et le contraste infini du S95F lui donnent toujours l’avantage. Selon nous, ces deux qualités priment sur la forte luminosité du QN90F. Samsung QN90F (0 - 3) Samsung S95F

Audio : des prestations relativement similaires

Les deux modèles embarquent un système audio 4.2.2 compatible Dolby Atmos. Le QN90F délivre une puissance totale de 60 W, contre 70 W pour le S95F. En pratique, le rendu est satisfaisant pour un usage quotidien comme les journaux télévisés, émissions ou séries, mais demeure limité dans les graves, et l’effet Dolby Atmos est trop discret, faute de véritables haut-parleurs verticaux.

Samsung recommande logiquement d’accompagner ses téléviseurs d’une barre de son afin de bénéficier d’une spatialisation plus immersive. Le QN90F reste un peu timide dans les basses, tandis que le S95F en délivre un peu plus, sans que cela change fondamentalement l’expérience. Aucun des deux ne prend en charge le DTS, ce qui limite la compatibilité avec certains contenus audio.

Les différences sont beaucoup trop légères pour déclarer un vainqueur. Samsung QN90F (0 - 4) Samsung S95F

Consommation : tout dépend des réglages

Côté consommation, le QN90F fait partie des bons élèves du LCD Mini-LED. Nous avons relevé environ 198 W en mode HDR Standard et 157 W en Filmmaker HDR, avec un pic à 203 W en mode Dynamique. En usage SDR, la consommation varie autour de 48 W en Filmmaker, 200 W en Standard et 64 W en mode Eco. En veille, elle reste inférieure à 1 W.

Le S95F, équipé d’une dalle QD-OLED, présente des écarts plus marqués selon les profils. En HDR Standard, il consomme environ 254 W, mais descend à seulement 81 W en Filmmaker. Cette différence s’explique par la gestion adaptative de l’OLED, qui n’alimente que les pixels actifs, contrairement au LCD qui éclaire toute la dalle (même si le Mini-LED segmente mieux la lumière). En SDR Standard, la consommation se situe autour de 153 W, contre 78 W en mode Eco. Là encore, la veille reste sous le seuil de 1 W.

Globalement, le QN90F se montre moins énergivore en HDR Standard, tandis que le S95F devient beaucoup plus sobre en mode Filmmaker, qui offre les couleurs les plus fidèles mais une luminosité réduite. Le choix dépend donc directement des réglages adoptés.

Le QN90F se montre plus stable dans sa consommation, mais le S95F peut descendre plus bas en mode Filmmaker. Résultat : ex-aequo sur ce point. Samsung QN90F (0 - 4) Samsung S95F

Réparabilité / Durabilité :

Le téléviseur Samsung QN90F obtient un indice global de durabilité et réparabilité de 8,1/10, un score élevé qui témoigne d’une bonne fiabilité et d’un accès relativement aisé aux réparations. Côté fiabilité, l’appareil se distingue avec une note de 8,6/10, notamment grâce à sa résistance à l’usure et à une maintenance logicielle solide. Pour la réparabilité, la note atteint 7,6/10, portée par une documentation accessible, la disponibilité des pièces détachées (jusqu’à 10 ans pour certaines), et des engagements clairs de la marque. Seul bémol : la facilité de démontage reste perfectible, avec des points de blocage sur certains composants.

Indice de réparabilité du QN90F
Indice de réparabilité du QN90F © Ministère de la transition écologique

Le téléviseur Samsung S95F décroche un indice global de 8,1/10, confirmant sa solidité et sa bonne réparabilité. Son score de fiabilité atteint 7,8/10, porté par une excellente maintenance logicielle et des processus qualité robustes, bien que la résistance à l’usure soit légèrement inférieure sur le papier à certains concurrents. Côté réparabilité, le S95F fait encore mieux avec une note de 8,4/10 : documentation technique complète, pièces détachées disponibles sur le long terme, délais de livraison rapides et un démontage globalement accessible. Le prix des pièces reste toutefois un facteur à retravailler pour la firme. Samsung a deux atouts sur la concurrence dans le domaine de la durabilité. D'abord, la marque s'engage désormais sur 7 ans de mises à jour logicielles pour ses TV 2025. Ensuite, Elle dispose d'un site internet pratique sur lequel elle vend certaines pièces de remplacement comme la télécommande, des caches et des vis. Bien sûr, pas question de laisser l'utilisateur toucher aux composants critiques, il faudra envoyer l'appareil au SAV pour cela, mais c'est déjà mieux que certains concurrents.

© Ministère de la transition écologique

Le S95F fait un peu mieux que son rival mais pas assez selon nous pour gagner le point. Globalement, Samsung assure un suivi et applique une politique après vente similaire des deux côtés. Samsung QN90F (0 - 4) Samsung S95F

Rapport qualité/prix : la technologie QD-OLED se paie au prix fort

En 65 pouces, le QN90F a fortement baissé de prix : on le trouve à un peu moins de 1 500 €, tandis que le S95F s’affiche autour de 2 800 € sur la même diagonale. L’écart joue clairement en faveur du LCD Mini-LED, plus abordable. En 55 pouces, le QN90F descend sous la barre des 1 200 €, quand le S95F se négocie aux alentours de 1 700 € chez certains revendeurs. Sans surprise, la technologie QD-OLED reste plus onéreuse.

Ce tarif peut toutefois se justifier par la qualité d'image supérieure et le design plus pratique et plus haut de gamme du S95F. En revanche, si vous recherchez un téléviseur polyvalent, performant dans tous les usages et particulièrement adapté aux environnements lumineux, le QN90F s’impose comme un excellent compromis.

Avec un écart tarifaire conséquent, le QN90F remporte ce point. Samsung QN90F (1 - 4) Samsung S95F

Verdict

Avec son rétroéclairage Mini-LED, le QN90F séduit par sa luminosité hors norme, son traitement antireflet exemplaire et un tarif plus contenu qui lui confèrent un très bon rapport qualité / prix. D'une grande polyvalence, c’est un allié de choix pour les salons très lumineux, d’autant qu’il offre une belle réactivité en jeu, grâce à son affichage 165 Hz et un retard à l'affichage réduit.

Le S95F, lui, s’impose comme la référence pour les plus cinéphiles. Sa dalle QD-OLED délivre des noirs parfaits, des couleurs d’une fidélité remarquable et une homogénéité irréprochable. À cela s’ajoutent le très pratique boîtier One Connect, et un design particulièrement soigné et plus fin. Objectivement, le S95F est supérieur dans tous les domaines. Si vous en avez le budget, c'est lui qu'il faut choisir.

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