
À peine arrivé, déjà sur le départ ? Didier Migaud a sorti les muscles. Interrogé par RTL, le 14 octobre 2024, à propos de la baisse de 500 millions d’euros du budget de la Justice envisagée par le projet de loi de finances pour l'année prochaine, le ministre de la Justice n’est pas passé par quatre chemins. Il assure que, «si on en reste à la lettre plafond, je ne vois pas ce que je ferais encore au gouvernement». Toutefois, il tempère : «Mais j'ai eu des assurances du Premier ministre et je lui fais totale confiance.»
Les assurances en question ? Didier Migaud les rappelle au micro de RTL : «Le Premier ministre a dit […] qu'un amendement sera déposé par l'exécutif dans le cadre des discussions parlementaires pour rehausser un certain nombre de budgets, dont celui de la Justice.» Le ministre de la Justice compte bien que son budget soit augmenté et non pas baissé : «Il y a eu des crédits supplémentaires obtenus par mon prédécesseur, il faut poursuivre cet effort, il faut que la justice ait les moyens», insiste-t-il. Il espère, entre autres, que «les engagements qui ont été pris en termes d'effectifs vis-à-vis de la Justice soient tenus».
«Tout ne peut pas reposer sur un amendement»
À l’instar de Didier Migaud, d’autres personnalités n’ont pas apprécié le budget de la Justice présenté par le Premier ministre. Le secrétaire général du syndicat de la magistrature, Thibaut Spriet, n’a pas caché sa crainte quant à l’abandon de «la loi de programmation de la justice», au micro de franceinfo. Une perte qu’il juge «catastrophique». En revanche, il se réjouit de la réaction de Didier Migaud. D’après Thibaut Spriet, il s’agit là du «seul levier» pour faire bouger les choses.
Toutefois, ce coup de gueule du ministre de la Justice sera-t-il suffisant ? Pas vraiment à en croire le syndicaliste. «Tout ne peut pas reposer sur un amendement», estime le secrétaire général du syndicat de la magistrature. Et pour cause, «à tout attendre d'un amendement et donc des aléas du débat parlementaire, nous n'avons rien de garanti», assure-t-il.


















