
«Si rien ne change, en 2040, 90% des spécialistes feront des dépassements d'honoraires». Le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie tire la sonnette d’alarme sur les dépassements d’honoraires, qui représentent la différence entre le prix facturé par le médecin et le tarif de base fixé par la Sécurité sociale. Son président, Yann-Gaël Amghar, a estimé au micro de France Inter mardi 9 juin que son montant va «plus que doubler». Dans son dernier rapport, le HCAAM indique que plus d'un spécialiste sur deux pratique des dépassements d'honoraires.
«Ils pourraient atteindre plus de 10 milliards d'euros en 2040, contre 4,7 milliards en 2025», précise même Yann-Gaël Amghar. Une prévision qui aura des conséquences directes sur la patientèle. Il l’illustre : «On mesure que le reste à charge peut être très élevé pour des personnes en situation modeste, on peut atteindre 800 euros en moyenne pour quelqu'un qui se fait poser une prothèse de hanche [...] Ce n'est pas entendable. L’accès aux soins, c’est pour tout le monde».
Trois scénarios pour réformer les dépassements d’honoraires
Ainsi, la HCAAM propose plusieurs scénarios pour lutter contre cette forte hausse des dépassements d’honoraires. D’abord, Yann-Gaël Amghar «propose d'interdire les dépassements d'honoraires pour les patients dont les ressources ne dépassent pas un montant donné». Selon le président de la haute instance, il est aussi possible de «conditionner l'accès à un dépassement d'honoraire», avec une «forme de progression à l’ancienneté». Avec ce scénario, d’après le rapport, «les dépassements augmenteraient moins vite, sans pour autant se réduire».
Un dernier schéma est présenté par Yann-Gaël Amghar, celui de «fixer progressivement des plafonds de dépassement par acte, 1,5 fois ou deux fois le tarif de la Sécu». Un scénario qui pourrait «tendre vers la suppression totale des dépassements d'honoraires». Mais ce dernier schéma devrait «s'accompagner d'une revalorisation pour les spécialités les moins bien rémunérées», tels que «les psychiatres, les pédiatres et les gynécologues», prévient le président de la HCAAM.


















