Une mesure pour «rééquilibrer un peu les rôles». Selon les informations exclusives de RMC, le Haut-Commissariat au Plan souhaite que les parents obtiennent un troisième mois de congé de naissance. Ce dernier s'ajouterait ainsi aux deux mois qui seront accordés à partir du 1er juillet 2026.

«Le congé de naissance, c'est ce qui marche le mieux quand on compare avec les dispositifs étrangers. En Suède, ce qui fonctionne bien, c'est quand vous avez des dispositifs non transférables. C'est-à-dire l'obligation pour les deux parents de prendre un 'temps' de cette période. Ça permet de mieux partager les charges, d'avoir moins de contraintes pour les femmes pour retourner à l'emploi», justifie Clément Beaune, le Haut-commissaire au Plan, sur RMC ce 5 mai.

Quelle condition pour l'obtenir ?

Mais cette mesure n’est pas sans condition. En effet, la note du Haut-Commissariat indique que les pères sont obligés de prendre un mois de congé de naissance afin que le troisième mois soit accepté. Avec cette idée, l’objectif est donc d’inciter les pères à prendre leur congé. Actuellement, seulement quatre papas sur dix ne prennent pas la totalité des congés dont ils disposent pour des raisons multiples. Cela reste une avancée par rapport au début des années 2000, lorsqu’ils ne bénéficiaient que de trois jours de congés payés par l’employeur, puis de onze jours optionnels avec le congé paternité créé en 2002, explique Midi Libre.

Ce n’est qu'à partir de 2021 que les démarches s’accélèrent avec l’extension du congé de paternité à vingt-cinq jours, dont quatre jours obligatoires et vingt-et-un jours facultatifs. Désormais rentré dans les mœurs, selon l'Institut national d’études démographiques (Ined), 81% des Français ont adopté le congé de paternité.

Éviter de déplacer le problème

Interrogée sur le sujet, Camille Kolebka, une assistante périnatale, reste partagée. «Il y a sûrement encore du travail à faire plus préventif. Que les parents, et notamment les pères, comprennent vraiment pourquoi c’est important de prendre ce temps-là», explique-t-elle à RMC, soulignant que ces congés ne doivent pas être une solution face à la pénurie de places en crèches. Dans la note du Haut-Commissariat au Plan, il est conseillé de garantir progressivement un accès à un mode de garde dès un an.