Il tempère ses propos. Invité de BFMTV, mardi 5 mai, Michel-Edouard Leclerc a demandé à ne pas s’en prendre à TotalEnergies, qui est dans le viseur du gouvernement pour ses superprofits réalisés avec la hausse des prix des carburants liée au conflit au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit d’Ormuz. «Je voudrais dire aux consommateurs qu'il ne faut pas faire du "Total bashing"», a déclaré le président du comité Leclerc, précisant que l'entreprise n’est plus «complètement française» et que «les actionnaires sont norvégiens ou américains». Conséquence : la loi d'extraterritorialité du dollar s’applique.

Mais avec Monsieur Pouyanné, le PDG du groupe pétrolier, qui est Français, «la question est de savoir s’il faut lui taper dessus pour les superprofits ou s’il faut lui demander de convaincre ces actionnaires de privilégier l’approvisionnement de la France», s’interroge-t-il. Pour rappel, le patron du groupement Leclerc avait réglé ses comptes avec TotalEnergies, la veille. Sur franceinfo, Michel-Edouard Leclerc avait expliqué que Total, qui est un des trois gros fournisseurs de l’enseigne de grande distribution, l’avait «envoyé balader» lorsque «Leclerc lui a demandé les mêmes tarifs qu’il fait à son réseau».

TotalEnergies à son avantage en plafonnant les prix

Le dirigeant a également réitéré ses propos sur la stratégie de Total depuis le début de la hausse des carburants : en plafonnant ses prix, le géant des hydrocarbures se fait bien voir. Mais si aujourd’hui, Total y parvient «c’est parce que depuis deux ans, Leclerc ou Système U sont 12 centimes moins cher depuis deux ans», rappelle Michel-Edouard Leclerc.

Sur ce sujet, le fait de ne pas appliquer les mêmes plafonds à ses clients serait illégal selon le patron de grande distribution. «Là, ils plafonnent leur prix, normalement, il y a discrimination. On peut faire une bataille juridique, mais ça ne va pas faire descendre les prix pour les consommateurs », déclarait-il, tout en laissant le gouvernement «gérer ce qu’il peut demander à Total», comme les aides aux agriculteurs, à ses principaux clients ou aux transporteurs.

«Revenez faire votre panier moins cher chez le distributeur le moins cher»

Dans tous les cas, Michel-Edouard Leclerc a invité tous les consommateurs à faire au mieux pour s’adapter aux prix. «Allez là où c’est le moins cher. Si vous allez chez Total, exigez l'approvisionnement, puis revenez faire votre panier moins cher chez le distributeur le moins cher», conseille-t-il.