
La Marine française pourrait-elle faire face à un conflit naval majeur ? Selon le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, la réponse est inquiétante : le nombre de bâtiments et de munitions disponibles est insuffisant pour affronter les combats durcis qui se profilent en mer. Il a annoncé ce mardi 3 février vouloir en faire des «axes d’effort» prioritaires dans les années à venir, rapporte actu.fr.
«Demain, la Marine sera dans la confrontation militaire dure du combat qui se reproduira en mer, ce ne sera pas uniquement de la puissance projetée à terre. Il y aura une partie de combat naval importante. Mon aspiration est de regagner en létalité, létalité et nombre», a expliqué le général Fabien Mandon lors de la conférence navale de Paris, organisée par l’Ifri et réunissant hauts gradés étrangers, chercheurs et responsables politiques. Le chef d’état-major a souligné que «le nombre de bâtiments est insuffisant. Et des quantités de missiles embarqués également insuffisantes. Cela fera partie des axes d’effort à l’avenir parce qu’il y aura un combat difficile en mer».
Des menaces maritimes croissantes
«J’aurai besoin de nombre de frégates, nombre de sous-marins et nombre d’autres bâtiments qu’il faut concevoir», a-t-il ajouté. «Plus de missiles à bord, plus de létalité et des portées renforcées face à des compétiteurs qui modernisent tout», a insisté le général, soulignant l’évolution rapide des menaces. Ces préoccupations s’inscrivent dans un contexte de brutalisation des relations internationales en mer. Les conflits ouverts se multiplient, à l’instar de la guerre en Ukraine, et les grandes puissances, comme la Chine, renforcent massivement leurs flottes.
Parallèlement, les litiges maritimes s’enveniment, le cadre juridique international se fragilise et les océans deviennent des zones de plus en plus convoitées, abritant des infrastructures critiques. A cela s’ajoutent des évolutions technologiques majeures, telles que la dronisation, la généralisation des missiles et la multiplication des constellations de satellites en orbite basse, qui bouleversent la nature même des opérations navales.



















