François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, met en garde les politiques, samedi 10 janvier, sur BFM. Le risque, selon lui, est de tomber dans un blocage prolongé sur la question du budget de l’année 2026. Pour lui, le risque n’est pas celui d’une faillite nationale immédiate, mais davantage d’un «étouffement» sous plusieurs formes si le pays ne parvient pas à réduire son déficit public. Et il insiste sur le fait que dépasser le seuil de déficit de 5 % du PIB reviendrait à faire rentrer le pays dans une «zone rouge de danger».

Et pour le gouverneur de la Banque de France, il ne s’agit pas seulement d’une question comptable. «Nous sommes en train de choisir les seniors contre les jeunes», alerte-t-il, en pointant du doigt l’augmentation des dépenses de retraite, et l’accumulation de déficits qui pèsent déjà sur les plus jeunes. Pour lui, le déséquilibre générationnel est profond, et l’absence de compromis politique sur la question l’alimente et risque d’étouffer la capacité du pays à investir pour préparer l’avenir.

Trouver des compromis pour éviter la zone rouge

Pour éviter de nous retrouver en «zone rouge», François Villeroy de Galhau appelle les politiques à «sortir des postures» et à dépasser les désaccords partisans. Pour lui, la priorité aujourd’hui est de doter le pays d’un budget applicable, qui stabilise les dépenses et qui reflète une approche mesurée de la fiscalité. «Nous n’avons plus d’argent pour baisser les impôts», martèle le gouverneur. Il plaide aussi pour des mesures de justice, comme la prolongation de la surtaxe d’impôt sur les sociétés qui visent les grandes entreprises.

Concernant des éventualités concrètes, François Villeroy de Galhau évoque aussi la probable baisse du taux du livret A, qui resterait au-dessus de l’inflation cependant. Sur le secteur immobilier, le gouverneur se veut aussi rassurant, et affirme que compte tenu des taux autour de 3,1 % et de la reprise du crédit en 2025, «c’est le bon moment» pour emprunter selon lui.