La France pourra compter sur une croissance légèrement plus vigoureuse que prévu en 2025, annonce Ici. Dans ses dernières prévisions publiées jeudi, l'Insee a en effet relevé son estimation de 0,6% à 0,8%. Une révision positive, mais à prendre avec quelques pincettes, car le contexte économique est marqué par des fragilités persistantes. L'institut note que le pays se distingue notamment de ses voisins européens «par un singulier manque de confiance», conséquence directe d'une consommation en berne et d'une épargne qui continue de progresser depuis la crise politique de l'été 2024.

Cette amélioration repose surtout sur quelques secteurs moteurs. «Cette croissance est due à quelques poches d'activité particulièrement dynamiques : l'agriculture, le tourisme, les transactions immobilières et, bien sûr, l'aéronautique», confirme Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture à l'Insee. Mais l'organisme insiste : ces moteurs ne sont pas durables et «les moteurs de l'économie française en 2025 ne semblent pas pérennes». La croissance attendue sera par ailleurs inférieure à celle de 2024, qui avait atteint 1,1%.

Une zone d'ombre : le nombre de postes d'alternants

Si les ménages consomment moins, leurs investissements repartent à la hausse : après une chute de -5,6% l’an dernier, ils devraient progresser de +0,8% en 2025. Cette dynamique pourrait redonner un souffle au secteur de la construction, en particulier sur le marché du logement neuf. Mais tous les signaux ne sont pas au vert : l'Insee anticipe aussi la suppression de 65 000 postes d'alternants d'ici à fin 2025, conséquence du recul des aides publiques. Une annonce qui tend plutôt à doucher l'optimisme de la reprise, même révisée à la hausse.

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