
L’annonce gouvernementale d’un effort budgétaire de 40 milliards d'euros supplémentaires en vue de ramener le déficit public à 4,6 % du PIB en 2026 suscite la colère des syndicats. Invitée de France Inter ce lundi 14 avril, Sophie Binet a dénoncé une stratégie d’austérité ciblant toujours les mêmes. «Le gouvernement a une pathologie : il ne s’intéresse jamais aux riches, et c’est toujours aux mêmes de faire des efforts», a-t-elle lancé.
La CGT déplore que le capital et le patrimoine échappent aux efforts demandés, dans un pays qu’elle décrit comme «devenu une nation de rentiers». «On taxe toujours moins le patrimoine, les dividendes explosent, et dans le même temps, les aides publiques aux entreprises atteignent 200 milliards d’euros, souvent sans aucune condition ni contrepartie», critique la syndicaliste.
L’emploi industriel dans le viseur
Sophie Binet s’alarme également des menaces qui planent sur l’emploi. En particulier, une nouvelle réforme de l’assurance chômage, évoquée dans le cadre des arbitrages budgétaires à venir. «Rien que d’en parler est une honte», s’indigne-t-elle, rappelant que quatre réformes ont déjà fragilisé les droits des demandeurs d’emploi.
La CGT réclame un moratoire sur les licenciements, alors que le nombre de plans sociaux explose. «Il y a un an, nous étions à 130 plans de licenciements. Aujourd’hui, on approche des 360. Notre industrie est en train de plier bagage», prévient-elle. Cas emblématique selon la CGT : le site chimique de Vencorex, en Isère, repris par le groupe chinois Wanhua, malgré un projet alternatif porté par les salariés et les élus locaux. «C’est un scandale d’État. Le gouvernement abandonne l’industrie française», dénonce Sophie Binet.
La France «en état d'alerte budgétaire», selon Eric Lombard
Invité de BFMTV, dimanche 13 avril, le ministre de l'Économie, Eric Lombard, a d'ores et déjà fait savoir qu'il faudra se serrer la ceinture. Alors que l'exécutif ambitionne de ramener le déficit public de la France à 4,6 % en 2026 et en dessous des 3 % d'ici 2029, le locataire de Bercy a expliqué que cet objectif ne pourrait être atteint que grâce à «40 milliards d'euros d'efforts supplémentaires».
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