La copie budgétaire peine encore à convaincre, notamment François Villeroy de Galhau. Interrogé par nos confrères de Ouest-France, le gouverneur de la Banque de France a ainsi déploré que le déficit public du pays sur lequel repose le budget 2026 ne soit pas inférieur à 5%. «J’aurais souhaité une réduction plus forte», a-t-il déclaré tout en estimant que la France se mettait «en danger» dans le cas où son déficit public dépassait encore les 5% du produit intérieur brut (PIB) cette année après les 5,4% l’an passé.

Pour autant, même s’il déplore cette situation, François Villeroy de Galhau estime qu’il va falloir respecter l’objectif qui a été affiché par le gouvernement de Sébastien Lecornu. Alors que la situation économique française met parfois le feu aux poudres lors des débats à l’Assemblée nationale, le banquier central avait déjà lancé à la mi-janvier un appel du pied aux parlementaires afin de stabiliser les finances publiques en évitant de «jouer avec l’impôt». «La créativité fiscale dans les joutes parlementaires, fût-elle virtuelle, a un effet très réel et négatif sur le moral des entrepreneurs», avait-il indiqué lors de ses vœux.

Situation internationale et Mercosur

Ainsi, et alors que le Parlement n’a jamais été autant divisé sur les questions liées à la fiscalité, François Villeroy de Galhau avait notamment plaidé pour un double objectif, à savoir celui de stabiliser les dépenses en volume et rendre l’impôt «plus stable et plus juste» du côté des recettes. «Ramener notre déficit public total à 5% du PIB au maximum en 2026 est à la fois indispensable et encore atteignable», avait-il encore précisé.

Évoquant dans le même temps la situation internationale, et alors que Donald Trump avait menacé plusieurs pays de nouveaux droits de douane, dont la France, avant de finalement revenir sur sa décision, François Villeroy de Galhau a affirmé que «l’Europe doit prendre davantage en main son destin économique pour réduire sa dépendance» vis-à-vis de la Chine et des États-Unis, et «tant mieux quand certaines menaces inacceptables sont retirées». Quant à l’accord commercial UE-Mercosur dont sa ratification est suspendue après la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne pour vérifier la légalité du traité, le gouverneur de la Banque de France a estimé que ne pas le signer «ne serait pas un remède» même s’il reconnaît qu’«il y a une crise» dans certaines filières agricoles.