Le dialogue semble définitivement rompu entre Eric Ciotti et le gouvernement, plus précisément avec Sébastien Lecornu. Dénonçant son projet de budget depuis des semaines, le patron de l’UDR a une nouvelle fois attaqué le Premier ministre lors d’une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale ce mardi 25 novembre. Raillant le vote sur le budget où un seul député l’a approuvé, Eric Ciotti a estimé que «dans n'importe quelle démocratie respectueuse des institutions, un Premier ministre responsable aurait immédiatement démissionné».

Surtout, le député des Alpes-Maritimes a accusé Sébastien Lecornu de vouloir rester «cyniquement» et d’être responsable de l’«effondrement français, d’une dette historique, d’un déficit abyssal, d’une immigration hors de contrôle» ou encore d’un «record de défaillance d'entreprises». Lui demandant où il allait, Eric Ciotti a tenté de pousser le Premier ministre dans ses retranchements : «Allez-vous rompre avec la gauche irresponsable ou continuer de mener le pays à la ruine ?» La réponse de son interlocuteur ne s’est pas fait attendre.

Des propositions… non défendues par amendement

Devant les députés, Sébastien Lecornu a usé d’humour dans un premier temps : «Rien de tel qu'un peu de finesse pour rafraîchir l'atmosphère», a-t-il lancé au député niçois. Lui réclamant de «défendre le débat parlementaire», le locataire de Matignon a brandi un courrier qu’Eric Ciotti lui a écrit où il liste les mesures de son «contre-budget». Y figurent notamment un budget sur l’immigration, la simplification administrative ou encore la politique sociale.

Or, selon Sébastien Lecornu, il s’agit d’«autant de propositions, dont nous n'avons pas trouvé trace dans les amendements déposés» par son groupe. «Or, il nous aurait été agréable (..) de venir défendre ici, amendement après amendement, ce que vous proposiez, exactement pour la nation», a continué le Premier ministre. La passe d’armes s’est poursuivie quand l’ancien ministre des Armées s’en est pris aux «lignes rouges, claires et non négociables» mises en avant par l’UDR.

Sébastien Lecornu pointe du doigt l’UDR et le RN

Parmi elles, il y a : «aucune augmentation des prélèvements obligatoires sur les particuliers comme les entreprises». Et Sébastien Lecornu de railler ce qui lui semble être une incohérence : «N'hésitez pas à en parler en intergroupe avec le groupe du Rassemblement national, qui a accompagné lui aussi ce budget avec 35 milliards d'euros supplémentaires d'impôts pour les entreprises sur les ménages.» Fustigeant les «double-discours», le Premier ministre a rappelé que l’hémicycle fonctionnait «à cœur ouvert, en grande transparence», raison pour laquelle il a choisi de ne pas utiliser l’article 49.3.