
Quelques heures avant les votes des motions de censure déposées à l’Assemblée nationale par le RN et LFI, la secrétaire générale de la CGT était invitée des 4 Vérités dans Télématin. Si Sophie Binet n’a pas voulu se prononcer sur un possible renversement du gouvernement, laissant le soin aux politiques de décider, la leader syndicale réclame déjà des actes forts et le retrait de certaines mesures du budget 2026. C’est dans ce contexte qu’elle appelle «à se mobiliser».
La première journée de mobilisation aura même lieu le 6 novembre prochain, a-t-elle annoncé sur France 2, «avec les retraités qui organisent une journée d'action», car, selon elle, «la pilule est violente pour ces retraités qui sont les premières victimes des explosions de frais de santé». Si l’on y ajoute la désindexation des pensions pour 2026 et la limitation de l’abattement fiscal à 2 000 euros, «on voit que les retraités sont dans le viseur tout ça parce qu’on refuse d’aller taxer les plus riches et d’aller affronter les multinationales et les rentiers», a fustigé la patronne de la CGT.
Taxer les malades : «la plus injuste des politiques sociales», pour Sophie Binet
Pour l’heure, aucune autre mobilisation n’est prévue, la CGT n’étant, semble-t-il, pas tombée d’accord avec les autres syndicats. Mais pas question de lâcher pour Sophie Binet : «L’heure est à la mobilisation (…) Nous sommes en position de force, il faut qu'on continue à garder la main. Il faut que les salariés se mobilisent», a-t-elle poursuivi, alertant au passage sur «des reculs extrêmement violents pour le monde du travail».
Plus globalement, la leader syndicale s’en est prise à un «un budget catastrophique» qui serait même «sur certains points, encore plus violent que celui de François Bayrou». Et Sophie Binet de citer le cas des malades : «Si le budget était adopté comme tel, il y aurait un reste à charge de 350 euros par malade. Ça pourrait être 1 400 euros pour un ménage avec deux enfants», a-t-elle admonesté, pointant du doigt la taxation des malades comme «la plus injuste des politiques sociales».
Rappelant le rôle de la Sécurité sociale, qui a imposé un principe depuis 80 ans selon lequel «chacun cotise selon ses moyens et en bénéficie selon ses besoins», elle s’est fendue d’une dernière saillie : «Là c’est tout l’inverse, on sort la carte bleue avant la carte vitale !» Sophie Binet s’est enfin prononcée pour une abrogation, et non une suspension, de la réforme des retraites : «Le compte n'y est pas, nous voulons une abrogation totale.»



















