La suspension de la réforme des retraites, annoncée mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, soulève des inquiétudes à Bruxelles. A Washington, mercredi, le commissaire européen à l'Economie, Valdis Dombrovskis, a mis en garde contre «des implications budgétaires importantes», tout en rappelant les engagements européens de la France. «Nous suivons» le débat sur le budget «avec attention, notamment les implications de la suspension de la réforme des retraites car cela aura des conséquences budgétaires importantes», a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à l’AFP, relayé par BFMTV.

Le commissaire a ajouté qu’«il est important que des mesures soient prises pour respecter ses engagements», notamment en matière de réduction du déficit public. La France s’est engagée à revenir dans les clous des critères de Maastricht, soit un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB d’ici 2029. Pour l’heure, l’objectif semble lointain : le déficit public devrait atteindre 5,4% en 2025, selon le projet de budget présenté mardi. Celui-ci table sur une réduction progressive à 4,7% en 2026, avant d’atteindre les 3% attendus en 2029.

Un coût estimé à «400 millions d’euros en 2026 et 1,8 milliard en 2027»

Mais les projections de la Commission européenne publiées en mai sont plus sombres : la France est en passe d’afficher le pire déficit public de la zone euro en 2025 et 2026. Elle a d’ailleurs été placée en procédure de déficit excessif par la Commission en juin dernier. Face aux critiques, Sébastien Lecornu assume son choix. «La suspension en préalable de rien serait irresponsable», a-t-il déclaré mardi.

Selon lui, «cette suspension doit installer la confiance nécessaire pour bâtir de nouvelles solutions. La suspension pour faire mieux est la solution, si chaque acteur sait en tirer quelque chose». Le Premier ministre a précisé que la suspension de la réforme aurait un coût estimé à «400 millions d’euros en 2026 et 1,8 milliard en 2027», ajoutant qu’elle devra «être compensée par des économies».